
Les hôpitaux malades de la santéLes personnels de l'établissement public hospitalier de Aïn Bessem ont occupé l'entrée principale du siège de la wilaya jeudi dernier.Ce signe de protestation est venu marquer une nouvelle étape dans la revendication des personnels de cet hôpital qui exigent le départ du directeur. Les protestataires accusent le premier responsable de l'établissement de «dictateur» qui n'en fait qu'à sa tête, gérant la structure à la manière d'un bien personnel. Selon les contestataires et des délégués syndicaux présents sur place, «deux anesthésistes ont fait l'objet d'une lourde sanction alors qu'aucun protocole médical de bloc ne faisait allusion à ce qu'on leur reproche.Le directeur aurait trouvé ce prétexte pour les écarter, car ils gênaient». Le directeur, en place depuis plus de sept années et toujours selon un délégué syndical du bureau de Bouira, fait dans la «monarchie. Il harcèle nos représentants au niveau de l'hôpital. Il ne respecte pas les règles et les normes d'exercice définies par la loi et la déontologie».Cette manière de faire serait à l'origine du départ de plusieurs spécialistes qui «déguerpissent» à la fin de leur service civil. Un chirurgien natif de Kadiria aurait préféré une wilaya lointaine par peur de venir à Aïn Bessem où la réputation du directeur a dépassé les limites territoriales. Les contestataires rencontrés sur le seuil du siège de la wilaya exigent aussi une enquête approfondie sur la gestion de la structure, ils soupçonnent un lien entre l'entreprise en charge des travaux d'extension et la direction.Le conflit d'intérêts est peinable, et nous aimerions voir l'autorité envoyer une inspection autre que celle de la DSP qui est déjà venue prendre un copieux repas pour signer des RAS.» Témoignant sous le sceau de l'anonymat, les protestataires affirment que des jeunes employés dans le cadre de l'emploi des jeunes sont gracieusement affectés à l'entreprise privée. L'abus de pouvoir et d'autorité, la mauvaise gestion, sont les deux principaux griefs retenus par les manifestants contre le directeur. Les paramédicaux ainsi que les médecins disent travailler 2j/2j sans aucun égard ni récupération; ils affirment que le pointage est exclusif à certains, pas à d'autres. Ils contestent la bureaucratie quand une fiche de paie met plus d'une semaine pour être délivrée... Lors de l'inauguration du service des urgences, tout a été retiré juste après le passage du ministre.Le service médecine hommes fonctionne avec une literie vétuste qui représente un vrai danger pour les patients. Malgré les appels, l'administration est restée muette, selon les manifestants. A l'opposé, certains proches et privilégiés du directeur, issus du mouvement associatif, tentent de discréditer les manifestants. Une femme élue ayant pignon sur rue est même venue devant le siège de la wilaya reprocher aux manifestants de vouloir «salir la ville de Aïn Bessem avec cette manifestation». Elle menacera les manifestants en annonçant être capable de les radier. La république des passe-droits, des lèche-bottes, a de beaux jours devant elle avec ses autoproclamés représentants de la société civile qui s'empressent d'entraver toute action, même légitime, pour prémunir les auteurs. Selon un représentant syndical pas très d'accord avec ce directeur, ce dernier a des relais au sein des personnels, et a des appuis au sein de l'APW de Bouira qui, malgré les écrits, les doléances, préfère taire la situation.Là aussi le lien est facile à établir, des élus ont casé des membres de leurs familles respectives dans le secteur. On annone même le cas d'une femme qui ne pointe jamais mais qui perçoit son salaire normalement. En plus du départ de ce directeur, les protestataires demandent une enquête du ministère pour confirmer ou infirmer les accusations. Le wali, en sortie pour les besoins de l'ouverture du festival de Tikjda, n'a pu recevoir la délégation.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Abdenour MERZOUK
Source : www.lexpressiondz.com