Hier mardi, des dizaines de jeunes agriculteurs de la commune d'Aghbalou, à 70 km à l'est de Bouira, ont procédé, une fois encore, à la fermeture des sièges de la Direction des services agricoles et de la Chambre d'agriculture de Bouira pour protester contre l'exclusion de la filière oléicole, de toute aide de l'Etat, et ce, depuis 2008.
Selon ces jeunes protestataires, leur seule occupation est le travail de la terre, des terrains escarpés situés sur les hautes montagnes, et leur seule activité reste l'oléiculture. Aussi, c'est sans surprise qu'ils revendiquent, au même titre que les autres filières qui bénéficient toujours des aides de l'Etat comme la céréaliculture, la production de la pomme de terre, les cultures maraîchères, la phéniciculture dans le Sud, le maintien des aides de l'Etat pour l'oléiculture. A commencer par les cuvettes qui, après une aide de l'Etat pour leur réalisation, doit être suivie chaque année par des aides pour leur entretien ; la taille de régénération également qui doit être suivie de tailles d'entretien chaque année, puis des tailles d'éclaircie, ainsi que l'aide pour les greffages de l'oléastre et, enfin, la réalisation des retenues collinaires. Toutes ces activités, ajoutées aux aides pour les filets de récolte, ainsi que les aides pour les oléifacteurs et l'effacement de leurs dettes, font partie des revendications de ces jeunes agriculteurs, au nombre de 1 470. «Quand certains soi-disant agriculteurs se baladent en costumes, nous, jeunes chômeurs et agriculteurs-nés, suons dans nos champs à entretenir nos oliviers, en leur faisant des cuvettes, des banquettes et autres travaux d'entretien », nous dira Farid, un jeune surexcité dont la franchise saute aux yeux. «Des fois, pour pouvoir bêcher un olivier et même en récolter les olives, on est obligés de nous accrocher à l'aide d'une corde tellement le terrain sur lequel cet olivier est implanté est plus une falaise qu'une pente. Les gens qui profitent des aides faramineuses de l'Etat et qui ont la chance d'avoir des champs sur du plat, auront le vertige rien que en y pensant. Nous réclamons de l'Etat des aides pour que notre seule ressource de vie qu'est l'oléiculture en haute montagne ne disparaisse pas», dira Nacer, un autre jeune protestataire. Hier, après plusieurs tractations, une réunion a eu lieu au siège de la DSA en présence du directeur des services agricoles, du SG de la Chambre d'agriculture et d'une délégation représentant ces agriculteurs. A l'issue de cette rencontre, le DSA a invité les agriculteurs de la commune d'Aghbalou à élaborer un plan d'action global pour cette région montagneuse en faisant des recommandations concrètes pour son développement agricole, et pas seulement l'oléiculture. Une fois ce plan d'action élaboré, le DSA a promis d'accompagner une délégation de ces agriculteurs au ministère de l'Agriculture et du Développement rural pour plaider leur cause et appuyer leurs demandes. Après cette réunion, les jeunes protestataires ont quitté les lieux dans le calme et les deux sièges ont été rouverts dans l'après-midi.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Y Y
Source : www.lesoirdalgerie.com