Bouira - A la une

Les femmes garantes du pacifisme



Le 34e vendredi de mobilisation citoyenne contre le système et ses "résidus" à Bouira a été marqué par la forte participation de la gent féminine. Les femmes se sont en effet mobilisées pour dire "non à l'élection" et réclamer la libération des détenus d'opinon. Le carré dédié aux femmes était des plus imposants et ne cessait de grossir tout au long de l'itinéraire de cette marche.Une dame d'un âge certain, accompagnée de sa fille et de ses deux belles-filles, entonnant l'hymne national entrecoupé de youyous, déclare d'une voix pleine de ferveur : "Aujourd'hui et quand j'ai vu nos étudiants se faire tabasser mardi dernier à Alger, j'ai décidé de sortir pour faire entendre ma voix, bien que je n'aie plus mes jambes de 20 ans (?) J'ai vu des scènes qui m'ont rappelé la sauvagerie de l'armée coloniale", a-t-elle déploré. "J'espère que le pays va recouvrer son indépendance, car ceux qui nous gouvernent l'ont mis à genoux", a-t-elle conclu.
Les dizaines de milliers de citoyens venus des quatre coins de la wilaya ont marché, hier, pour dire "non à l'élection" du 12 décembre et aussi pour dénoncer la répression qui s'est abattue mardi dernier sur les étudiants à Alger. Un des leaders de la révolution populaire à Bouira n'a eu de cesse de scander : "Les étudiants sont l'âme de la révolution", "Nous sommes solidaires avec nos étudiants" et "À bas la répression", des slogans repris en ch?ur par les manifestants.
Les deux principaux candidats à la candidature pour l'élection du 12 décembre, Ali Benflis et Abdelmadjid Tebboune, ont été brocardés par les manifestants. En effet, les protestataires ont massivement dénoncé l'intention de ces deux hommes politiques de se présenter à un scrutin que tout un peuple rejette. "Nous n'avons pas entendu ces deux candidats condamner la répression policière, encore moins les décisions arbitraires de la justice. Ils sont complices de ce système que nous voulons chasser", a fait remarquer un étudiant.
Pour les manifestants d'hier, si le pouvoir s'entête à aller vers l'élection présidentielle dans le climat actuel, il mènera, selon eux, le pays au chaos. "Notre mobilisation n'est pas près de s'estomper et notre pacifisme est notre seule arme (?) Le pouvoir doit écouter le peuple, sinon, on risque une escalade que personne ne souhaite pour l'avenir de notre pays", dira un avocat et militant des droits de l'Homme à l'échelle locale. D'autres participants, à l'instar de Meziane Chaâbane, élu RCD à l'APW de Bouira, ont clairement mis en évidence le caractère "injuste et arbitraire" de ces incarcérations.

RAMDANE BOURAHLA
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