La surconsommation en ces périodes de chaleur et la superposition de l'été avec le Ramadhan sont deux faits qui installent la crainte chez le fournisseur énergétique.L'arrivée des grandes chaleurs et le Ramadhan sont deux événements qui influent sur la consommation énergétique mais aussi celle de l'eau. Même si rien ne se prête à l'alarmisme, ces mois de juillet et d'août seront «chauds».
S'agissant de la consommation électrique, la SDC de Bouira vient d'organiser une conférence de presse où ses cadres ont explicité dans le détail leurs craintes et leurs soucis quant aux éventuelles perturbations que pourraient connaître les réseaux de distributioin.
La raison essentielle des incidences est à mettre à l'actif d'un dysfonctionnement entre l'entreprise fournisseur énergétique et les autres organismes qui empiètent parfois sur les réseaux suite à des travaux. «Une agression sur un réseau reste un point fragile qui peut céder à n'importe quel moment», dira un cadre de la direction. «Pour des interventions utiles, des entreprises munies d'ODS entament leurs travaux et sont souvent à l'origine d'agression sur notre câblerie. Après intervention ce point est fragilisé», ajoutera l'intervenant.
Par le passé, faites dans la hâte et sur injonction d'en haut, plusieurs lignes ne sont même pas répertoriées et c'est au début des travaux que sont découverts ces câbles d'où cette multitude d'accidents signalés dans les zones rurales surtout. Pour pallier à ces éventualités, la SDC a mis en place plusieurs mécanismes pour répondre au plus pressé à toute réclamation. Parmi ces décisions et eu égard à l'extension des villes, 65 postes transformateurs viennent d'être réalisés à travers le chef-lieu de wilaya.
Pour le directeur intérimaire «Bouira n'a pas un problème de chute de tension mais un manque d'énergie. Ces postes restent la solution à ce phénomène». Concernant les incidences causées par le regroupement des compteurs, lequel regroupement a été à l'origine de plusieurs incendies, la direction a opté pour un câblage en cuivre et des compteurs plus fiables.
Là aussi et sous l'emprise de la hâte, ces regroupements ont été faits dans des lieux qui ne s'y prêtent point. L'effet de serre, le non respect des normes de consommation, les agressions répétées sont souvent à l'origine de ces accidents à répétition qui ont été vécus dans plusieurs cités de la ville. La surconsommation en ces périodes charnières de l'année et la superposition de l'été avec le Ramadhan sont deux faits qui installent la crainte chez le fournisseur énergétique. «Dans l'immédiat, nous voulons que la presse sensibilise les clients» insistera le directeur chargé de l'exploitation. Parmi les autres grandes décisions en vue d'une meilleure maîtrise, la SDC Bouira et à l'instar de ses semblables au niveau national vient de mettre en place ce qui est désigné par le compteur intelligent.
Le système consiste à relier des clients à une centrale informatique. Le relevé se fera par télémétrie et à distance. Le client bénéficiera dans son relevé d'informations et de conseils sur les pics de consommation, il sera à l'abri de toute agression qui est décelée en temps réel... le procédé est au stade de l'expérimentation quand des universités algériennes (Chlef, Boumerdés et éventuellement Bab Ezzouar) participent au programme pour confectionner ce compteur avec la promesse de généraliser ce développement aux clients de la basse tension (BA) dans le futur.
Soucieuse aussi de se rapprocher davantage de sa clientèle, la SDC invite les consommateurs à bénéficier d'une prestation intitulée «Aâlamni» (informe moi en arabe).
En communiquant le numéro de téléphone, le client est informé par message des délais de paiement de ses factures, de sa consommation quotidienne, des coupures programmées.... «Ce moyen évitera aux clients des surprises et des désagréments parce que la SDC veut d'abord être au service de ses clients» commentera Widad, la chargée de communication de la SDC.
Du côté de l'ADE l'inquiétude est la même mais les raisons diffèrent. Pour le fournisseur d'eau, l'été est synonyme d'un pic de consommation. Cette forte demande est contrariée par la vétusté des réseaux. Comme pour l'électricité quand un réseau est agressé il est difficile de le remettre dans son état initial. «Nous intervenons certes, mais quelque fois il faut changer la conduite sur plusieurs mètres linéaires ce qui est au-dessus des moyens financiers de l'entreprise et des communes», nous confiera un responsable. La qualité de l'eau des robinets pose aussi problème en ces périodes de grande chaleur.
Les odeurs, le goût amer sont dûs à un phénomène chimique engendré par les algues au niveau des barrages. Le traitement au charbon actif et au chlore anéantit toute bactérie.
Dans les régions enclavées, c'est le retard dans les transferts qui causent des désagréments. Plusieurs localités sur les monts qui entourent Lakhdaria au nord et les villages du sud est de la wilaya continuent à manquer d'eau. Comme chaque été, les citoyens recourront au citernage. «A chaque visite des responsables et depuis trois ans on nous promet de résoudre ce problème mais en vain» nous dira un citoyen d'un hameau situé sur les bords de Chréa.
«Ces transferts relèvent de projets centralisés d'où la difficulté à intervenir. Les oppositions émises par des citoyens quant au passage des conduites posent aussi problème», nous confiera un élu de la commune de Ahnif à l'est de la wilaya. En attendant l'eau et la lumière, ces citoyens isolés qui passent rarement à la télévision jeûneront sous des températures caniculaires sans mot dire.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Abdenour MERZOUK
Source : www.lexpressiondz.com