Hier, l'heure était au ramassage de l'argent sans aucune considération pour les milliers de clients qui se sont bousculés pendant des heures devant cinq petites caisses.Le nouveau supermarché de Bouira, ne fait pas dans le velours quand il s'agit de ridiculiser les clients. La veille du mois de Ramadhan, il y avait grande foule et vite tout le monde aura compris que l'espace n'est en fait qu'un grand souk, vite débordé par le flux de clients venus en partie de Boumerdès, de Tizi Ouzou, M'Sila, Bordj Bou Arréridj, les matricules des véhicules faisant foi.
L'administration du souk a comme d'habitude réduit le nombre de caisses, puisque seules cinq assuraient le service alors que les chaînes s'allongeaient à l'intérieur du marché. L'aménagement de stands spécifiques à chaque occasion n'a pas été jugé utile par les mercantiles puisque le rayon épices était vite dépassé par le nombre de dames venues faire les réserves pour le mois. Même remarque pour le département viandes où les deux bouchers en exercice se débattaient contre une horde de clients tous pressés. Dans ce brouhaha, un client sera victime d'une erreur. Il paye des choux-fleurs en lieu et place des aubergines. Les prix respectifs n'ont rien à voir bien sûr. En réclamant, il est orienté sur le service d'accueil, un petit bureau où un jeune et sympathique agent utilise la sonorisation pour demander un agent du département légumes.
L'attente durera un bon moment. Lassé le client et sa famille optent pour le remboursement. L'agent s'y prête volontiers avec la condition de lui laisser le ticket caisse. L'unique moyen de réclamation. «Quand c'est moi qui paye, la chose est plus simple, quand je veux me faire rembourser, c'est toute une procédure et plusieurs minutes d'attente. «Si c'était moi qui m'étais trompé en prenant un produit sans le payer, l'alerte aurait été donnée et tous les agents m'auraient rejoint en une fraction de seconde» dira le père désabusé et éreinté par tant d'attente. Ce supermarché annoncé en grande pompe devait être un moyen pour résorber le chômage. Son apport dans ce domaine est loin des grands espoirs entretenus. Récemment plusieurs jeunes employés auraient jeté l'éponge en démissionnant. «Le rythme de travail est démentiel pour quelques sous» considère un-ex caissier Les clients qui viennent des wilayas limitrophes sont ceux-là même qui s'opposent à la réalisation de pareilles structures sur leur territoire parce qu'ils savent pertinemment que ces grandes surfaces à travers le monde sont une mort certaine pour le traditionnel épicier du quartier. Même si l'infrastructure, les aménagements, le parking, l'espace enfant... restent des supports à la qualification de l'enceinte de grande surface, la prestation et l'accueil réservé aux clients ressemblent plus à celui qu'on rencontre dans n' importe quel souk.
Souvent les clients sont aspergés par les produits nettoyants répandus par des agents qui travaillent au milieu des acheteurs. le transport gratuit promis en grande publicité n'est toujours pas assuré au centre-ville depuis ou des villes avoisinantes. Hier au supermarché l'heure était au ramassage de l'argent sans aucune considération aux milliers de clients qui se sont bousculés pendant des heures devant cinq petites caisses quand le super marché dispose de plus d'une trentaine. En matière de marketing on ne peut faire mieux qu'à Bouira.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Abdenour MERZOUK
Source : www.lexpressiondz.com