Les incendies, mais aussi le vol de ruches ont porté préjudice à une filière déjà fébrile."Cette année, c'est la crise ! Les conditions climatiques étaient très défavorables, avec peu ou carrément pas de pluie, ce qui a durement compromis la récolte de miel", déplorent nombre d'apiculteurs de la wilaya de Bouira.
Certains d'entre eux, à l'instar Roumeita Mohamed, évoquent une saison "catastrophique" avec une chute libre de la production, estimée à 50%. "Du fait d'une pluviométrie assez faible, les abeilles n'ont pas eu de quoi butiner.
La sécheresse de cette année nous a été fortement préjudiciable", soulignera M. Roumeita. Et de préciser que d'autres sinistres, comme les incendies qui ont ravagé des dizaines d'hectares de végétation, sources de diverses variétés de miel, mais aussi le vol de ruches ont considérablement porté préjudice à une filière déjà fébrile.
"Moi-même j'ai été victime de plusieurs vols de ruches. On fait face à une véritable mafia du miel !", s'exclamera-t-il d'un air dépité.
Avant d'ajouter : "On consacre tout notre temps et notre argent à fructifier notre parc de ruches et, du jour au lendemain, on se fait voler notre production." Cet alarmisme ambiant a été également mis en exergue par d'autres apiculteurs de la région de Kadiria et Lakhdaria.
"Je ne vais pas vous mentir, la saison n'a pas été bonne, et nous avons perdu près de 70% de notre chiffre d'affaires, lequel est déjà assez maigre", concédera Djilali Djebri, un apiculteur de Guergour (daïra de Lakhdaria).
Tali Slimane, président de l'association des apiculteurs de la wilaya, confirme cette baisse de la production. Interrogé sur la récolte de 2019, notre interlocuteur l'a qualifiée de "faible" et l'estimant à près de 3500 q.
"Durant les bonnes années où la pluie est abondante, nous pouvions atteindre 5000 à 6000 q. Pour 2019 et compte tenu du manque de pluie et de la loque, la récolte de miel a été faible", déplore-t-il.
Il a également regretté le fait qu'à Bouira, les "circuits de vente" soient relativement inexistants : "Nous n'avons pas trouvé un endroit où organiser notre traditionnelle foire au miel (?). Même si la production de cette année est en net recul, organiser une foire afin d'écouler notre marchandise à des prix raisonnables peut sauver notre filière."
Par ailleurs, il y a lieu de noter que le FNRDA (Fonds national de régulation et développement agricole) n'a pas lésiné sur les moyens dans le but de booster la filière apicole à Bouira. Ainsi, entre 2000 et 2018, plus 220 000 ruches ont été remises aux apiculteurs de la région.
RAMDANE BOURAHLA
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Ramdane BOURAHLA
Source : www.liberte-algerie.com