C?était bien de paix qu?Ahmed Ouyahia était venu parler hier à Bouira. De paix et de réconciliation nationale. « Car sans paix et sans réconciliation nationale, selon l?orateur qui a animé un grand meeting à la salle Errich vers 16h, point d?avenir et point de progrès pour notre pays ». Qui aurait intérêt, en effet, à voir le sang continuer à couler, à assister aux incendies de nos unités de production, de voir se prolonger indéfiniment ce climat d?insécurité qui régnait avant septembre 1999, année où a été promulguée la loi sur la concorde civile ? En vérité, personne, hormis l?étranger, et Ahmed Ouyahia s?interroge : « Le sang d?un Algérien est-il moins précieux que le sang d?un Espagnol ? » Mais si aux Etats-Unis, en Suisse, en Allemagne, on parle de terrorisme à propos des pays où ce fléau a sévi, curieusement, relève le chef du gouvernement, un silence complice accueille les actes terroristes commis en Algérie. Même nos voisins le Maroc et la Tunisie ne voulaient plus de nous avant 1999. Aujourd?hui, l?Etat, qu?Ouyahia ne dissocie pas du peuple, qui reste, à ses yeux, souverain dans ses décisions, veut aller plus loin dans sa politique de réconciliation nationale : il veut éteindre définitivement les feux de la discorde (fitna) en demandant aux groupes qui activent encore dans les maquis de déposer les armes et de rentrer chez eux où ils recouvreront tous leurs droits civiques au même titre que les autres. « Nous avons fait taire 6000 armes grâce à la concorde civile. La réconciliation nationale fera le reste. » A l?intention de ceux qui vivent à l?étranger et qui étaient eux aussi impliqués dans la tragédie nationale, Ouyahia leur dit également : « Rentrez chez vous. » « Notre pays attend de vous que vous disiez oui le 29 septembre prochain et de tâcher de convaincre les groupes armés de rentrer chez eux », demandera-t-il à la salle pleine à craquer. Ouyahia, qui rappelle l?épithète de radical qui lui colle à la peau, avoue pourtant être totalement en accord avec Djaballah et Louisa Hanoune pour leur attachement à la concorde civile. Au passage, il décoche quelques flèches en direction de Saïd Sadi, de Mme Yous et d?Amnesty International qui veut se servir comme d?une arme de l?accord signé avec l?UE pour faire échouer le projet de réconciliation nationale. Au sujet des fléaux sociaux qui gangrènent le pays, du banditisme, de la corruption, du marché informel, de l?alcool et de la drogue, Ouyahia compte prendre des mesures draconiennes pour lutter contre eux. Aux jeunes Bouiris éberlués, le chef du gouvernement annonce une enveloppe de 42 milliards pour la wilaya de Bouira, 22 000 logements, une autre enveloppe de 400 millions pour les jeunes investisseurs et l?octroi de 5000 locaux pour les chômeurs.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Ali D.
Source : www.elwatan.com