Bouira - A la une

"Appliquez les articles 7 et 8 de la Constitution"



Le 33e vendredi de mobilisation citoyenne contre le système et ses "résidus", à Bouira, a été marqué par une affluence record. En effet, des dizaines de milliers de citoyens venus des quatre coins de la wilaya ont marché, hier, pour dire "non aux élections" et appeler le chef d'état-major, Gaïd Salah, à tenir ses engagements et ses promesses quant à l'application des articles 7 et 8 de la Constitution.La population locale réclame encore et toujours l'application effective des articles 7 et 8 de la loi fondamentale qui stipulent que tout pouvoir émane du peuple. "Après avoir appliqué l'article 102 et son échec cuisant, on veut nous mener vers l'article 107 (état d'exception, ndlr). Nous, nous voulons que notre volonté soit faite et non la volonté du général", dira un enseignant à l'Université de Bouira. Pour les milliers de marcheurs qui ont battu le pavé hier, la "solution" préconisée par le pouvoir ne correspond pas à la volonté populaire ni à l'esprit de sa révolte enclenchée le 16 février à Kherrata, puis le 22 du même mois à travers tout le pays.
"Nous voulons une véritable transition démocratique avec de nouveaux visages", affirment nombre de contestataires. "Depuis quand impose-t-on un vote à tout un peuple depuis une caserne ' Depuis quand notre chère patrie est-elle devenue une immense caserne et ses citoyens de bons petits soldats ' L'Algérie est une République et nous allons veiller à ce qu'elle le demeure", dira Djamel Yahiaoui, un ancien militant de la cause amazighe.
Pour les milliers de contestataires qui ont marché hier, aucune échéance électorale ne peut se tenir avec "les résidus" du système. "Ceux qui disent que nous sommes contre Gaïd Salah se trompent, nous n'avons rien contre lui, ni contre l'institution qu'il dirige. Nous nous opposons à sa vision, car nous estimons qu'elle va à l'encontre des aspirations du peuple et de sa principale revendication : le départ de tout le système", affirment les protestataires.
D'autres ont déploré la "surdité" et la "cécité" du pouvoir quant aux revendications populaires. "Nous sommes à notre 33e semaine de manifestation, quasiment huit mois depuis le début de la révolution, et ce système s'entête encore et toujours à aller vers une élection que tout un peuple rejette", déplore Oussama, un fonctionnaire de l'ADE, brandissant une pancarte sur laquelle il était écrit "Oui à la transition, non à l'élection de la honte". Les marcheurs ont observé une minute de silence à la mémoire des victimes des émeutes du 5 Octobre 1988.

RAMDANE BOURAHLA
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