
Le pouvoir politicomilitaire s'allie avec le marabout local des lieux qui prendront le nom de Blida, par la suite, Sidi Lekbir. Une alliance qui reflétait le soutien apporté au Maghreb central contre les attaques espagnoles, après la chute de l'Andalousie. Une politique adoptée par les Turcs pour étendre leur souveraineté sur nombre de villes clés de la Régence.Blida fut d'abord fondée par Sid Ahmed El Kébir, au XVIe siècle, qui, selon les données historiques, le Cheikh el Kébir était lui même réfugié andalous, dans la tribu de Ouled Essoltane, à qui revenait la propriété de tout le territoire de la future ville. Dans son contexte géopolitique et militaire, Blida allait jouer, par l'intermédiaire de son cheikh, un rôle précis dans la région : Représenter le pouvoir central devant les tribus et être le relais entre Alger, la capitale, et le Beylik de Titteri.Construction de la villeLe plan de la ville pré-coloniale offrant la forme d'une main ouverte avec les doigts écartés, conjugué avec la vocation agricole que prit la ville dès les premiers jours de sa naissance. La forme parallèle des îlots convergeant ver le point dominant la plaine, s'explique par le tracé des rigoles qui devinrent le détournement de l'eau de la rivière, puis, des ruelles, séparant les parcelles de terre occupées par les familles andalouses. Sidi Lekbir y intruduisit l'irrigation, l'arboriculture et la broderie du cuir.A l'ancienne place Clemenceau, l'actuelle place du 1er novembre, Khireddine Pacha y fit édifier une mosquée, un bain et un four banal, à proximité. La ville devint alors lieu de repos pour les seigneurs turcs d'Alger. A cette époque, la ville comprenait deux sphères distinctes, mais complémentaires : L'une représentait l'action individuelle privée et l'autre concrétisait les travaux du grand urbanisme structurant la ville et encadrant les petites actions individuelles entreprises par les autorités publiques.Seulement, la ville des roses n'a pas échappé aux mauvaises humeurs de la nature et s'est vu décimé de la moitié de sa population, lors du séisme du 5 mars 1825, où la ville a connu un grand séisme qui détruisit une grande partie de la ville. Le colonel Trumelet estime que 3000 blidéens ont péri dans cette catastrophe. Yahia Agha, que le Pacha d'Alger avait envoyé sur les lieux du sinistre, encouragea les rescapés à reconstruire leur ville sur un autre emplacement. Ce fut Blad El-Djedida(la nouvelle ville), située à deux kilomètres au Nord de Blida (dans la compagne blidéenne) à 1880m de l'ancienne ville. 1825.Le résultat sur le plan physique tel que vu, ne diffère pas de celui d'un processus dit normal où la naissance de la vile est initié par les autorité, même si la particularité de l'opération de la ville de Blida revient essentiellement à la diligence de l'action privée sur les travaux de la structuration. Ainsi, Sid Ahmed El Kébir savourait la prospérité et le développement d sa petite colonie d'Andalous.Un an après la visite du Pacha, en 1536, la mosquée, le four et le bain furent complètement achevés et les constructions en maçonnerie remplacèrent les gourbis. Les Andalous, fins techniciens, ont dévié le cours de l'Oued Sidi El Kebir, pour éviter les inondations, et faciliter l'irrigation.Les deux axes principaux de la ville, orientés Nord/Sud et Est/Ouest, aboutissent aux quatre portes les plus importantes de la ville :- Bab El Sebt s'ouvrant sur l'esplanade du marché du Samedi,- Bab El Rahba donnant accès à la route du Titeri,- Bab Dzair sur la route vers Alger, et- Bab El Kbour donnant sur les cimetières.Epoque coloniale françaiseEn 1836, le camp de Dalmatie(Ouled Yaich actuellement) avait été construit au pied de l'Atlas à l'Est, et quatre forts qui dominaient Blida au Sud, achevaient l'encerclement de la ville, le camp de Béni Mered édifié en plaine à quelques kilomètres de Blida en direction de Boufarik et aussi le camp de la Chiffa. En 1838, l'édification de deux camps fortifiés: Le camp supérieur(Joinville) et le camp inférieur(Montpensier).Ces camps ont été construits sur le prolongement des parcours territoriaux, on remarque aussi que les quatre camps(Supérieur, Inférieur, Dalmatie, La Chiffa) sont édifiés sur une même ligne topographique pour le contrôle du territoire et de la ville. Par sa position, Blida est devenue le point de départ de tous les mouvements militaires ayant pour but des opérations dans le Sud et dans le Sud-Est de la division d'Alger, et le remplacement du vieux rempart en pisé par un solide mur en pierre, largement au-delà du tracé primitif.Les espaces ainsi dégagés, pris en grande partie sur les cimetières, furent presque en totalité occupés par des installations militaires(casernes, dépôt de remonte, hôpital militaire). Les interventions projetés au début de la colonisation, se déroulèrent sur plusieurs années. Les civiles prenant le relais des militaires, ils ont continuer à réduire considérablement l'habitat traditionnel, et la création des espaces inconnues de la ville turque.La vie quotidienne des deux communautés(européenne et musulmane) s'organisa autour des deux marchés(marché européen et marché arabe). La plupart des mosquées qui formaient le centre vivant de la ville turque furent démolies ou réaffecter en dépôt, église, ... etc.Période de la révolution algérienneDurant la période coloniale, la ville de Blida a franchi ses barrières(il n'ya plus de dedans ni de dehors). Les camps de colonisation(Joinville, Montpensier, Dalmatie) deviennent des centres satellitaires de la ville. Aujourd'hui, Blida garde son nom de la ville des roses, mais perd de sa magnificence en terme d'urbanisme comme toutes les grandes ville du pays. Les artisans de la haute couture, comme el medjboud, el fetla et autres arts de broderies, ainsi que les préparateurs de l'eau de fleurs d'orangers et de roses, restent comme un écho de cette longue et périlleuse histoire.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : www babzman com
Source : www.lnr-dz.com