Bouteflika limoge le wali de Tarf
Le Président Abdelaziz Bouteflika a décidé, hier, de limoger le wali de Tarf.
De la sorte, le désormais ancien wali ne bénéficie plus de l’immunité administrative et juridique et peut être jugé par la Cour Suprême pour mauvaise gestion ainsi que pour la conclusion de marchés contraires au code des marchés publics auxquels ont abouti les investigations menées par le commandement du groupement régional de la gendarmerie nationale de Constantine ainsi que par les services de police et l’inspection générale des finances, suite à des instructions de la présidence de la République. Parmi les affaires reprochées à l’ancien wali, on cite la conclusion d’un marché pour l’acquisition d’équipements scolaires au cours de l’exercice 2003. Pour rappel, le responsable limogé par le président de la République avait été déjà entendu l’été dernier par le procureur général près la Cour d’Annaba avant que son dossier ne soit transmis à la Cour Suprême qui l’a, à son tour, entendu pour son implication dans neuf affaires. Selon nos sources, les dossiers de la commune de Tarf, celui du lycée Chebita Mokhtar ainsi que celui des équipements scolaires ont été soumis aux tribunaux de Tarf et d’El-Kala.
Dans ces affaires, sont impliqués dix (10) directeurs de l’Exécutif ainsi que d’autres partenaires. Dans le sillage de ces scandales, des enquêtes ont été ordonnées et concernent les fortunes des proches de l’ancien wali dont son épouse qui serait à la tête d’importants biens fonciers à Alger. Au cours de sa comparution, avant-hier, devant la Cour Suprême, M. Araâr Djillali, ancien wali de Tarf, a été entendu sur les neufs épais dossiers qui le concernent, sur le milliard de centimes transféré du budget de la commune de Tarf ainsi que sur des transferts de biens fonciers, la conclusion, hors normes, de marchés contraires au code des marchés publics, l’abus de pouvoir et d’influence. Nos sources précisent qu’avant même d’être, officiellement, limogé et livré à justice, l’ancien wali avait fait l’objet d’un retrait de son passeport par les pouvoirs publics. Parmi les abus reprochés à l’ancien responsable, on cite également le cas d’un partenaire auprès duquel il avait contracté un prêt de 1,2 milliard de centimes qu’il refuse de restituer. L’affaire du désormais ancien wali de Tarf, rappelle-t-on encore, intervient après celle de Frik Bachir l’ex-wali d’Oran et celle, plus récente, de Bouricha Mohamed, anciennement wali de blida. En étalant ces affaires, les pouvoirs publics manifestent leur ferme décision de frapper d’une main de fer ceux qui ont fait de la prédation, des détournements et de la gabegie leur spécialité. Ceci dissuadera, espère-t-on, ceux qui seraient tentés de suivre leurs traces.
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Aymen Kacem
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com