Le coordonnateur de la commission nationale de surveillance des élections(CNISEL) a adressé, jeudi, une lettre au président de la République, affirmant l'existencede dangereux dépassements dans l'ensemble du pays, pour se rétracter peu detemps après et signaler juste des actes isolés sans aucune importance sur lescrutin.Approuvée par les représentants des partis siégeant au sein de la CNISEL,(le FLN l'aurait fait avec beaucoup d'hésitation), rejetée par le PT deHanoune, et signée par Saïd Bouchaïr son coordonnateur, cette correspondance aété adressée, jeudi dans l'après-midi, au président de la République pour,disent ses rédacteurs, que « vous interveniez en vue de mettre un terme auxdépassements dangereux survenus durant l'opération de vote ». Des tentativesqui, écrivent-ils, « ont dépassé les limites d'actes isolés ». Il est dit dansla lettre qu'il a été observé nombre de comportements contraires à la loi, auniveau de plusieurs wilayate où les observateurs ont été empêchés d'êtreprésents au début des opérations du vote ». Ils se sont aussi « refusésl'ouverture des urnes avant le commencement du vote ». Il a été relevé,toujours selon le contenu de la lettre « qu'il y avait déjà des bulletins (135)de vote au profit du FLN comme cela a été le cas à Rouiba (...) ». Il est notédans la lettre que selon les rapports des membres composant la CNISEL, d'autresdépassements ont été observés à l'exemple de l'inexistence des bulletins devote de certaines listes du RCD à Blida ou du MSP à Saïda. Djamel Ould Abbas,tête de liste du FLN dans la wilaya de Aïn Témouchent est accusé nommémentd'avoir été auteur de dépassements dangereux. Il a, dit la lettre, « continué àfaire campagne jusqu'au jour du vote et ce, en habillant les représentants duFLN à l'intérieur des bureaux de vote de tee shirts et de casquettes portant lesigle de ce parti ». Il a aussi été relevé, selon la CNISEL, « le non-respectdu positionnement des listes conformément aux instructions du ministère del'Intérieur pour mettre celle du FLN en premier ». La commission de Bouchaïr adénoncé par ailleurs, la disparition des urnes de bureaux itinérants dansquelques communes de la wilaya d'El-Oued.« Monsieur le président, ces comportements ont pris un caractère nationalet ont touché toutes les régions du pays », lit-on dans la lettre. La CNISEL ena appelé au chef de l'Etat pour prendre les mesures nécessaires et fermes pourmettre un terme à ces pratiques irresponsables qui portent atteinte à lacrédibilité des élections et à la réputation du pays ». Première anomalie, la lettre aété rendue publique avant qu'elle n'arrive aux mains du président de laRépublique. Elle a été diffusée sur le fil APS dès sa signature par lecoordonnateur de la CNISEL. Elle a aussi été remise aux journalistes dès sasignature par Bouchaïr. Des observateurs de partis affirment que Bouchaïrn'était même pas présent au siège de la CNISEL quand les représentants despartis ont décidé de la rédiger. Pire encore, quelques heures après l'avoirsignée, Bouchaïr se rétracte et fait son mea culpa. Il remet totalement encause le contenu de la lettre qu'il venait de signer et déclare publiquementqu'il ne s'agit que d'actes isolés qui se sont produits dans quelques bureauxde vote. Le ministre d'Etat, ministre de l'Intérieur et des collectivitéslocales a indiqué hier, lors de la conférence de presse que « le coordonnateurde la CNISEL s'est excusé et a reconnu que les dépassements étaient faibles etéparses sans effet sur les élections ». Zerhouni estimera que « Bouchaïr a ététrompé dans sa bonne foi par des informations erronées ». C'est un fait insolite de voir unspécialiste du droit comme Bouchaïr se « faire avoir » par des informationserronées ». S'agit-il de manipulation ou d'erreur purement humaine ? Il estdifficile de croire qu'un tel acte ait été fait sans arrières penséespolitiques. Il est fort probable que ses initiateurs aient pensé à redistribuerles cartes pour confectionner un parlement selon leurs aspirations. Reste àsavoir de quels milieux sont-ils issus et que visent-ils autre que le parlementdans pareille conjoncture. Il est clair que toute la démarche a été enclenchéepour nuire au FLN... C'est le seul parti qui est cité nommément dans la lettrequand il s'agissait pour ses rédacteurs de signaler des pratiques de fraude.Elle a été presque réussie si l'on remarque que le parti de Belkhadem, le plusfort soutien du président de la République, a perdu quand même 63 sièges pourn'être ainsi plus cette majorité qui régnait en maître dans les institutions.Les premiers partis à avoir crié au scandale sont le MSP et le RND.Boudjerra Soltani s'est déplacé au centre international de presse (CIP) endébut de soirée pour s'interroger, a-t-il dit, « sur les intentions de cesdépassements ». Au cas où il y aura des preuves, il demandera des sanctions àl'encontre de leurs auteurs. Il reconnaît que « des représentants del'administration dans les bureaux de vote travaillent pour certains partis ».Boudjerra estimera que les tentatives de fraude ne pourraient être dictées parune quelconque partie. « C'est un réflexe pavlovien », dit-il. Pour la fraudequi a sévit en 1997, il ne trouvera pas à redire « parce qu'on était dans uneautre conjoncture, la priorité était donnée à la paix et à la stabilité ».Celle des élections de 2002 « c'était une fraude intelligente ». Le chef du MSPdira que pour cette fois-ci « on n'a pas le droit de frauder parce que nousavons voté la réconciliation nationale et le pays a retrouvé la paix ». Ildemande l'annulation du vote des bureaux itinérants. Plus loin, il dira « c'estau Madjliss Echoura de décider si nous restons dans l'Alliance ou pas ». Abdelkrim Harchaoui, tête de laliste d'Alger (RND) constatera les mêmes dépassements. Il fera état de «disputes entre des observateurs de partis et ceux du FLN dans certains bureaux». Il a expliqué la faible participation des électeurs par le fait que « lesparlementaires sortants n'ont pas servi à grand-chose qu'à toucher desindemnités ». Il accusera la presse « de ne pas avoir bien fonctionné ens'abstenant d'expliquer aux électeurs la pratique de la démocratie, de lacitoyenneté et de les aider à faire le choix de leurs représentants ». Pourlui, « ces législatives sont une opportunité de changement, il fallait que lescitoyens votent ». Confiant, le chargé de la campagne du RND pour sa part, alancé, dans la soirée du jeudi, que «le RND s'est réveillé, on aura 12 sièges àAlger et plus de 100 à l'Assemblée ».
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Ghania Oukazi
Source : www.lequotidien-oran.com