
Signe d'opulence et symbole de fierté, le cheval a de tout temps accompagné la vie quotidienne des gens de Biskra. Jusque vers la fin des années 1970, une manifestation internationale consacrée à toutes les formes de jeux et de démonstrations équestres s'y déroulait.On venait de partout et en famille, se rappellent les plus anciens, pour assister à des joutes équestres, des cavalcades endiablées, des barouds d'honneur et des galops et fantasias mirifiques qui ravissaient les spectateurs, applaudissant la dextérité et l'adresse des fiers cavaliers. Durant plusieurs jours, le cheval était à l'honneur.C'était alors l'occasion pour les éleveurs de se rencontrer. Les artisans confectionnant les harnachements et équipements pour les chevaux présentaient leurs productions et la ville vivait au rythme de cette manifestation se déroulant dans la zone ouest de la ville de Biskra, laquelle est aujourd'hui complètement envahie par le béton et les cités d'habitations. Les jeunes savent-ils que cette partie de la Reine des Ziban est appelée «Haï Courses» en référence à cette rencontre annuelle des amoureux du cheval, qui égayaient la région chaque année ' Après une éclipse de quelques années, dont les causes sont à déterminer, le cheval revient tant bien que mal sur le devant de la scène, constate-t-on. Des groupes de cavaliers en habits traditionnels accueillent les personnalités de passage dans la wilaya de Biskra, accompagnent les cortèges nuptiaux, participent à quelques ouvertures de manifestations culturelles et de salons commerciaux et prennent part à des défilés occasionnels. Mais ces apparitions factuelles ne doivent pas escamoter la réalité.Aucun soutien de l'EtatLe secteur de l'élevage équin peine à se reconstruire et son avenir à Biskra est réellement hypothéqué par les innombrables difficultés. «Tout le monde avait abandonné l'élevage des chevaux. Seuls quelques passionnés ont sacrifié leur temps et leur argent pour préserver cet animal fabuleux et lui éviter une disparition totale. À l'opposé des éleveurs d'ovins et de bovins, nous n'avons aucune aide ou soutien de l'Etat. Nous vivons de nos deniers privés. Ce n'est pas facile d'élever un cheval et les rares activités auxquelles nous prenons part de temps en temps ne nous rapportent que des pacotilles. Il faudrait que nos élus réfléchissent à relancer ce secteur en nous aidant financièrement, en réorganisant les anciennes Courses internationales de Biskra, qui serait une flamboyante attraction touristique, mais aussi une opportunité de développement économique pour la région», estime Larbi Rasnaadja, président de l'association hippique des amoureux du cheval de la commune de Doucen, où l'élevage des chevaux demeure malgré tout vivace.Dans cette commune, on compte quelque 200 chevaux, 40 éleveurs et une cinquantaine de cavaliers de tous les âges. Il faut les voir à l'?uvre pour vraiment se rendre compte de leur amour pour les chevaux superbement harnachés et choyés comme des enfants. Un cheval consomme en moyenne 5 kg d'orge et autant de foin soit 2000 DA par jour. Il a besoin de vaccins, d'un suivi vétérinaire en plus d'un palefrenier chargé d'en prendre soin en permanence.Les éleveurs et les cavaliers de Doucen, M'Chouneche, Sidi Okba, Tolga, Ouled Djellel et d'autres communes de Biskra, où le cheval réapparait, souhaitent, sans trop y croire néanmoins, la construction d'un centre hippique doté de pistes et de toutes les commodités permettant l'élevage, la reproduction, la sélection et l'entrainement des chevaux dans de bonnes conditions. La race chevaline la plus remarquée à Biskra, adaptée au climat et aux étendues steppiques, est l'Arabe Barbe. «Elégant, robuste et courageux, il mériterait de survivre dans ce monde mécanisé et informatisé à outrance», pense-t-on du côté des hippophiles.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Hafedh Moussaoui
Source : www.elwatan.com