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Un «Moukhadhram» féru de poésie



Un «Moukhadhram» féru de poésie
En se réveillant le matin, Mohamed Debarassou, né en Août 1945 à Biskra, est toujours de bonne humeur. «Je suis heureux de me réveiller vivant.» lance-t-il avec l'espièglerie d'un homme prenant la vie par le bon bout.Café, ablutions, prières et que sa journée commence par ce rituel auquel il est fidèle depuis des années. Retraité de l'Education nationale au sein de laquelle il a exercé en tant qu'instituteur de français dans une myriade d'écoles primaires de la wilaya, il est devenu écrivain public pour meubler ses jours, rester en contact avec les gens et se sentir utile «dans une société où les seniors sont très vite mis au placard.», fait-il remarquer. Il est père de 6 enfants tous universitaires et casés, confie-t-il fièrement.Méticuleux et soigné, chaque matin, notre homme endosse son costume et noue sa cravate, vérifie ses stylos et que les roues de son vélo soient bien gonflées. Il pédale alors allégrement au gré de ses 70 ans vers l'entrée de la poste de la cité Belayat pour y poser une chaise et une tablette pliante. Les clients se pressent autour de lui. Calmement et avec des gestes de maestro, il répond pour 30 Da la prestation aux besoins de chacun.Remplir un chèque, un mandat, un formulaire et même des constats d'accident, corriger des mémoires pour les étudiants, lire une lettre administrative arrivant de France et écrire des demandes et des missives de toutes sortes est son lot quotidien d'écrivain public maîtrisant aussi bien le français que l'arabe. D'une génération de «Moukhadhram» comme il aime à se définir, ce septuagénaire à la sérénité communicative et à l'esprit encore intact «malgré une vie d'algérien ayant connu les affres de la colonisation, la joie de l'indépendance, les avancés et les déceptions et la décennie noire du terrorisme», énumère-t-il, garde toutes ses capacités d'espérer des jours meilleurs pour le pays et un humour jamais érodé.«L'Algérie mérite une place de choix parmi les pays à vocation sociale. Sa jeunesse peut faire des miracles pourvu qu'on la laisse faire.», croit-t-il fermement, lui tellement moderniste et égalitaire qu'il préconise le service national pour toutes les filles «pour contrecarrer toutes formes de discrimination.», selon lui. Quand les clients se font rares, Ammi Mohamed a un violon d'Ingres, une passion qu'il cultive depuis sa plus tendre enfance; La poésie.Il compose de superbes poèmes en l'honneur de l'Algérie et de ses martyrs, des femmes, de la famille, des enfants, de l'amour de la vie et des autres, de la beauté et du miracle d'être en vie. Un jour, un éditeur ému par les vers de Mohamed Debarassou (littéralement le débrouillard) se décidera a publié son ?uvre laquelle mérite bien d'être diffusée ne serait-ce que pour ses dimensions pédagogique et patriotique.


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