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Un artiste de Biskra inquiet du devenir de ses tableaux



Un artiste de Biskra inquiet du devenir de ses tableaux
Dans le monde artistique de Biskra, Slimane Becha, ancien cheminot et artiste-peintre de talent, est loin d'être un inconnu. Né en 1944, il est considéré comme la mémoire vive de la Reine des Zibans, dont il reproduit depuis plus de 60 ans les beautés naturelles, l'histoire contemporaine, les monuments et paysages dans de superbes tableaux, où son traitement des couleurs et sa touche sont reconnaissables.Dans sa maison familiale du vieux Biskra, il vit en reclus pour s'adonner à son art et à un jardin où il cultive des roses et des fleurs qu'il offre aux voisins et aux rares visiteurs. Au début de l'année 2016, il a été contacté par des personnes venues de France et d'autres du ministère de la Culture, afin qu'il accepte que certaines de ses ?uvres alimentent une exposition dédiée à Biskra à l'Institut du monde arabe (IMA) de Paris, qui s'est déroulée du mois de septembre 2016 à janvier 2017.Clôturée en présence de Jack Lang, directeur de l'IMA, d'une délégation menée par le président de l'APC de Biskra et du ministre de la Communication, cette manifestation a connu un succès retentissant. Mais depuis, notre artiste, qui s'attendait à ce qu'on lui rende ses tableaux, est sans nouvelle. «J'ai été contacté par des cadres du Musée public national d'art moderne et contemporain d'Alger (MaMa) et maître, Selim Becha, notaire à Alger, cousin lointain et collectionneur de tableaux, pour leur remettre trois tableaux qu'ils ont eux-mêmes choisis.Nous avons convenu d'un rendez-vous à l'hôtel des Ziban. Ils sont repartis avec mes tableaux en me promettant de me faire parvenir une décharge que je n'ai jamais reçue et avec la promesse de me restituer les tableaux dès la fin de l'exposition de Paris. J'ai beau appeler les numéros de téléphone qu'ils m'ont donnés, personne ne répond et je m'inquiète pour le devenir de mes ?uvres», raconte cet artiste, visiblement dans le désarroi et qui a l'impression de s'être fait gruger.En effet, l'un de ses tableaux, intitulé «Sidi Lahcene au temps des Turcs» a été utilisé pour élaborer l'affiche de l'exposition de l'IMA de Paris sans son autorisation ni la moindre compensation financière, tandis que les deux autres, une composition représentant la première traction avant, l'arrivée du train à Biskra en 1928, garé devant le célèbre café Glacier, et un tableau montrant un cueilleur de dattes agrippé au tronc d'un palmier dattier, restent introuvables. «Je veux juste qu'on me restitue mes tableaux dans l'état où je les ai prêtés pour enrichir l'exposition de l'IMA. Mais je ne sais plus à qui m'adresser pour cela», dit-il.Comme si cette affaire ne suffisait pas à déranger la quiétude de cet artiste, il a appris dernièrement qu'un imprimeur indélicat avait dupliqué en des centaines d'exemplaires revendus dans certains kiosques et papeteries d'un autre de ses tableaux «Le tramway au café Robinson de Biskra» sans demander son autorisation ni une contrepartie financière en guise de droits d'auteur, et pire, en coupant la partie du bas du tableau portant la signature de l'auteur.Slimane Becha s'en remet à la sagesse des hommes et à Dieu pour que le travail des artistes ne soit plus exploité impunément et que ceux-ci soient rétribués afin de pouvoir vivre de leur art et continuer à créer, explique-t-il. Combien sont-ils dans son cas d'artiste naïf que des personnes avides exploitent sans vergogne ' «Certainement des dizaines», rétorque-t-il avec un sourire en coin plein de désillusion quant à la nature humaine.
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