
La conviction que la figue n'a pas toute l'attention qui lui est due de la part de l'Etat est grande chez les figuiculteurs malgré la labellisation. Elle est confortée par la réalité du terrain et surtout par une contradiction frappante qui fait que la figue sèche, auréolée d'un label, est absente de la nomenclature des produits de terroir algériens.Des arbres fruitiers qui poussent sur le sol algérien, comme le palmier dattier, profitent d'un fonds de soutien dégagé au profit des agriculteurs. Il préconise, par exemple, une aide de 500 DA pour la réalisation d'une cuvette, de 1500 DA pour la régénération de l'arbre, et d'autres formes de soutiens financiers pour des opérations entreprises dans l'objectif d'entretenir les vergers, comme la taille et le greffage. Rien de tout cela pour le figuier.«Nous souhaitons de l'aide pour la figue, car elle n'a pas ses droits parmi les autres fruits. Il faut la faire entrer dans la nomenclature», revendique Sahki Mohammed, au nom des producteurs de la figue de la wilaya de Béjaïa. Omise ou écartée de la nomenclature, la figue sèche est couchée sur le registre de l'administration des impôts comme un produit agricole quelconque auquel on applique le taux de 17% de TVA, alors que la datte bénéficie d'un encouragement fiscal qui réduit ce taux à 7%, au même titre que l'huile d'olive. Lorsque le problème a été exposé au ministre de l'Agriculture, en visite dernièrement à Beni Maouche, celui-ci semble avoir découvert un décalage qu'il ignorait dans son propre secteur.«Avec la marge minime de 40 DA, si j'ajoute une TVA de 17%, à combien dois-je la vendre alors '» s'interroge, perdu, le représentant d'une société de conditionnement et de traitement de la figue sèche et d'huile d'olive, basée au village d'Aïn Dokkar, dans la commune de Bousselam. «A la direction des impôts, ils n'ont pas de solution. On nous encourage à travailler dans l'informel», témoigne-t-il à El Watan. L'informel ne peut pourtant qu'enrichir une société qui se voit contrainte d'acheter sa marchandise sans factures auprès d'agriculteurs qui ne disposent pas tous de la carte de fellah.«Tout a été fait pour la datte et rien pour la figue», dénoncent des figuiculteurs qui se rappellent que la nomenclature a été faite par Saïd Barkat, l'ancien ministre de l'Agriculture, dont la région natale, Biskra, est connue pour sa production de dattes.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Kamel Medjdoub
Source : www.elwatan.com