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Tendances



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Youcef Merahi[email protected]/* */A tout seigneur, tout honneur ! Commençons par le premier volet, ici. Forcément, comme tout le monde, je suis préoccupé par le côté illisible de la situation nationale. Plus on avance dans le temps, qui nous rapproche de 2019, oui la fameuse année de la fameuse élection présidentielle, plus il est difficile de décrypter l'enchevêtrement du maquis de notre politique.Ici : notre Premier ministre, connu pour sa réserve, sa pondération et son souci de la concertation, s'est attaqué à l'Everest du vertige algérien, le mélange du genre entre la politique et les sous (le'z'argents, comme le dit si bien une vox populi facétieuse). Le peuple, écœuré par ces richesses astronomiques et ce pouvoir sans issue, applaudit ce Premier ministre qui, d'un coup, rappelle étrangement un certain Boudiaf. C'était trop beau ! à‡a a duré le temps d'un soupir, pour tous ceux qui ont hurlé : «Enfin.» En fait, c'était juste une récré de potaches. Un entracte de cinoche. Une brève sortie en mer. Tout le monde s'accorde à dire que notre Premier ministre n'a pas pu agir de sa propre initiative. Qu'il a reçu le feu vert d'ici ou là . S'il l'a fait de son propre chef, il faut lui baliser le chemin de son succès. Il faut lui tirer le chapeau. Il faut lui ériger une stèle. Il faut en faire le futur président de la République. Je le dis comme je le pense. Sauf que là , on lui ordonne de mettre de l'eau dans son thé. De mettre le frein. De ménager sa monture. De ne pas trop remuer le marigot. De souffler doucement sur les braises. De ne pas allumer l'incendie. Oui, on lui a ordonné ! Nul ne sait d'où vient l'injonction. Du Président, lui-même. Ou d'une autre autorité fantème. Nul ne le sait. L'Histoire le dira, un jour. Et notre Premier ministre, lui, est entré dans l'Histoire. Il sera celui qui a osé mettre le holà de la grosse finance qui corrompt la politique. Il sera celui qui a tenté de casser le mélange des genres. Et la morale, dans tout ça ' Tintin. Walou. Ulac. Là-bas : Donald Trump, le Président US, bombe le torse, la mèche flamboyante et la dent dure. Car, de l'autre côté, les Coréens du Nord s'atomisent tous azimuts. Têtes nucléaires, par-ci. Fusées porteuses de longue portée, par-là . Trump tape du pied, comme un enfant gâté. L'Amérique mettra au pas la Corée du Nord. Tout est prêt pour lui donner la leçon du siècle. L'Amérique dispose de la force de frappe. L'Amérique est forte. L'Amérique, c'est l'empire qui bouffe le monde. De l'autre côté, la Corée du Nord bombe le torse, aussi. La Corée a la possibilité militaire de faire mal, très mal. A commencer par l'île de Guam. La Corée peut toucher la moitié du territoire américain. «Jeu de mains, jeu de vilain», dit-on. Et, jeu de bombe atomique, c'est quoi ' La troisième guerre mondiale ' Ou la dernière ' L'ultime ' Messieurs, attendez de coloniser la planète Mars, puis appuyez sur le bouton fatidique, et envoyez au diable ce qui restera de l'humanité. «Ces malades qui nous gouvernent», c'est bien là le problème. De toutes les façons, on ne refera pas le monde ; il est bien parti pour une extinction absolue, par l'arme la plus terrifiante qui soit : l'atome.Ici : chaque année, je reste abasourdi par cette mort, dont la cause est le scorpion. J'en ai déjà parlé dans certaines chroniques. C'est incroyable de se dire que des Algériens peuvent, demain, mourir d'une piqûre de scorpion. Comme s'il s'agissait d'une fatalité. Sauf qu'à saison chaude, des Algériens succombent de ce poison, comme si les centres de santé ne disposent pas du vaccin. La vigilance, oui. Mais, la prévention, c'est mieux. Il y a des morts absurdes ; celle-ci l'est plus encore.Là-bas : dans la morosité ambiante, les Jeux de Londres ont été une bouffée d'oxygène. Je n'ai pratiquement pas raté une épreuve, moi qui étais dans l'épreuve, ce que le travail réfléchi peut réaliser sur un corps humain. Ah, la légende de Bolt qui, usé par tant de gloire, a plié le genou pour son ultime course publique ! Tout comme Mo Farrah qui n'a pas pu finir en apothéose lors du cinq mille mètres. J'ai rêvé avec ces sprinters. J'ai été épaté par ces lanceurs de javelots. J'ai sauté avec Barshim, le Qatari. Et ces décathloniens qui rappellent les travaux d'Hercule, qui réunissent en eux la souplesse, la rapidité, l'endurance, l'intelligence et le sacrifice de soi. Comme l'a été Mayer, le Français, médaillé d'or. Je regrette seulement la piètre représentation de nos athlètes ; c'est à l'image du reste, me direz-vous. Oui, en effet ! Sauf que je voudrais féliciter le supporter algérien qui, pendant ces jeux, a brandi le drapeau algérien, bien en évidence, inscrivant le nom de la ville de Biskra, sur la partie blanche de l'emblème.Ici : la culture de l'émeute est un réflexe vécu comme normal par tous. Admis par le citoyen qui y recourt pour chaque insatisfaction : coupure d'eau ou d'électricité, absence de bitumage, problème de logement”? Admis par les pouvoirs publics qui laissent faire, balisant le secteur de l'émeute et attendant la fatigue des émeutiers. C'est le jeu du chat et de la souris. Tiens, demain, on va fermer l'autoroute. Allons-y. Nous la fermerons. Personne ne passe. Ni par-là . Ni par là -bas. Les forces anti-émeutes arrivent, armées jusqu'au dégoût. Pas touche. Pas de confrontation. La paix sociale. Tant que c'est limité à la commune, pas grave. Laissez-les faire. Laissez brandir leurs banderoles. Laissez-les crier, jusqu'à l'aphonie. Ils repartiront d'eux-mêmes. A la moindre soif. A la moindre faim. Les usagers de la route ' Et alors ' Qu'ont-ils encore ceux-là ' Ils veulent rentrer chez eux, chef. Qu'ils attendent la levée de l'état de siège. Quoi, une femme est morte des suites de l'attente sous un soleil de plomb ' Appelez les pompiers, ouvrez-leur la route et qu'ils l'emmènent à la morgue. Les condoléances ' Oui, transmettez les miennes. Dieu est Grand !Ici : encore. Va voir ailleurs, si j'y suis. Journaleux sans inspiration. Ni envergure. Va voir ce qui se passe en Espagne ; les Espagnols chassent leurs touristes. La Corse brûle, tu ne dis mot. Attentat au Burkina. Inondations au Sierra Leone. Macron est en congé. Et les migrants qui meurent par centaines en mer”? Tu te tais. Tu n'as pas de réponse. Alarmiste qui voit la tempête dans un verre de leben. Qui voit noir, parce que c'est l'Algérie. Il n'y aura pas de changement de Premier ministre ; n'aiguise pas ta plume empoisonnée. Même le président Hannachi ne s'en ira pas. Ni le patron des patrons. Où iront-ils ' Ils sont chez eux. On est chez nous. Si c'est le pouvoir qui vous titille, prenez patience. La patience est une vertu cardinale. Attendez donc 2019. Nous parlerons du cinquième mandat. Pourquoi nous en priver 'Si le peuple vote, c'est sa volonté. Pas la vètre. Va voir ailleurs, si j'y suis. Journaleux sans envergure. Tu cherches des poux là où il n'y en a pas. La Grande Mosquée ' Oui, elle est en voie d'achèvement. Cent vingt mille prieurs, oui. Les CHU, on en bâtira à gogo. Dans tous les villages, s'il le faut. Adelistan ' Mauvaise gueule. Va voir ailleurs, si j'y suis. On mettra à la disposition de chaque citoyen un logement, ne vous en déplaise, journaleux de mauvais augure. Clap de fin : la canicule reprend de plus belle. La déprime me cloue au lit. Je lis à coincer ma rétine. Je blanchis les nuits, à longueur de cauchemar diurne. Pour quelle rentrée sociale ' Je vous le demande.
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