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Sonelgaz préfère le diesel au solaire dans le Grand Sud !



Sonelgaz préfère le diesel au solaire dans le Grand Sud !
Un été 2013 sans coupures d'électricité, promet le gouvernement dans son plan d'action qui sera présenté demain devant le Parlement. L'Exécutif s'engage à créer, dans les deux prochaines années, de nouvelles capacités de production d'électricité de l'ordre de 2 000 MW. Cette puissance pourrait-elle couvrir la forte croissance à deux chiffres de la demande en énergie électrique, particulièrement durant la saison estivale, d'ici à 2014 '
Juste après la grave crise de l'approvisionnement en électricité de cet été, la Sonelgaz octroie, en urgence, le marché de réalisation d'une grande centrale électrique dans la localité de Cap Djinet à une société sud-coréenne. D'une capacité de 1 200 MW, et dans le cas où l'ensemble des contraintes sont levées, cette centrale ne serait opérationnel qu'à la fin de l'année 2015 ou au plus tard début 2016. En 2013, la Sonelgaz doit impérativement lancer les travaux de réalisation de trois nouvelles grandes centrales de 1 200 MW chacune, si on veut mettre à l'abri le pays des risques d'une grave crise énergétique à partir de 2017. En parallèle, la Sonelgaz a lancé un vaste programme d'installation de centrales électriques de petite puissance dans les régions du sud. Ainsi, quatre centrales électriques à gaz seront construites à Tamanrasset (51 MW), Illizi (30 MW), Beni Abbès (34 MW) et El-Goléa (60 MW). Un autre programme visant la réalisation de 17 centrales électriques diesel a été lui aussi lancé. Il concerne l'implantation de petites centrales dans des localités éloignées des centres de production énergétique dans le Grand Sud, avec des capacités allant de 16 MW à 300 KW. Mais ce plan soulève une multitude de questions. Pour quelles raisons la société nationale a-t-elle opté pour le diesel et non pour le solaire pour approvisionner en énergie électrique les petites localités du Grand Sud ' Quels sont les surcoûts de ce choix quand on sait que le gasoil nécessaire pour faire fonctionner ces petites centrales, doit être ramené du nord du pays, soit à des centaines de kilomètres de là ' Par ailleurs, l'option centrale diesel du Grand Sud a été choisie à un moment où notre pays importe en moyenne annuelle deux millions de tonnes de gasoil à des coûts très élevés. Il est clair que la meilleure solution pour sécuriser l'approvisionnement en énergie électrique des agglomérations du Grand Sud réside dans le solaire. Certains experts pensent que la grave crise d'approvisionnement en énergie électrique vécue par les villes de Biskra, d'El-Oued ou d'Ouargla aurait pu être largement évitée par l'implantation à proximité de quelques centrales électrique solaires d'une puissance moyenne de 40 MW chacune. Au début de cette saison estivale, la région française de Lot-et-Garonne a mis en fonction une centrale électrique solaire d'une puissance de 40 MW. Une capacité qui permet d'approvisionner plus de 11 000 foyers en énergie électrique. Soit l'équivalent d'une ville de 60 000 habitants en Algérie. Si les autorités algériennes avaient construit une centrale pareille dans la région de Biskra, cette dernière n'aurait pas attendu l'achèvement de la coûteuse et problématique ligne haute tension à partir de M'sila pour éviter les fréquentes coupures et la colère des citoyens. Un autre exemple nous vient aussi de la France. En Charente, un particulier, et non pas une entreprise, a installé une centrale solaire d'une puissance de 530 kilowatts pouvant couvrir la consommation d'une petite agglomération de mille habitants. Le coût de cet investissement a été de 1,7 million d'euros, soit l'équivalent de 182 millions de dinars. Cet exemple est donné en raison du fait que dans l'avis d'appel d'offres lancé par la Sonelgaz concernant la réalisation de 17 centrales diesel dans le Grand Sud, figure deux petits projets de faible puissance à M'guiden (500 kilowatts) et à Aïn Alkoum (300 kilowatts). Est-il alors rentable dans ce cas de figure d'implanter une centrale diesel ou une centrale solaire ' Une occasion à ne pas rater ! Ces dernières semaines, une guerre commerciale oppose la Chine aux Etats-Unis et à l'Europe dans l'industrie des panneaux solaires. Ce conflit commercial a atteint son apogée quand le 6 septembre passé, la Commission européenne a lancé une enquête sur d'éventuelles infractions à la loi anti-dumping commise par des sociétés chinoises soupçonnées de vendre des panneaux solaires à perte. Le poids de la Chine dans l'industrie mondiale des énergies renouvelables n'est plus à prouver. Ce pays fournit plus de 66% de la production mondiale de panneaux solaires et a exporté pour 21 milliards d'euros vers l'Union européenne en 2011. Il s'avère aussi que la Chine est devenue, ces dernières années, l'un des plus importants partenaires commerciaux et économiques de l'Algérie. Beaucoup d'entreprises chinoises ont bénéficié d'important projets d'infrastructures diverses à réaliser dans notre pays. Des projets dont les montants s'élèvent à plusieurs milliards de dollars. Il est clair que l'Algérie pourrait largement bénéficier de l'avancée réalisée par la Chine dans l'industrie des énergies renouvelables. A des prix très compétitifs, la Chine pourrait fournir à l'Algérie, et à court terme, des équipements de production solaire de plusieurs centaines de MW. Et les solides relations économiques et diplomatiques qui lient notre pays à la Chine permettront d'ouvrir la voie à un accompagnement pour l'implantation en Algérie d'une industrie des équipements des énergies renouvelables. Sur le très vaste territoire algérien, toutes les conditions sont réunies pour développer la production de l'énergie à partir du soleil. A titre d'exemple, l'implantation en France d'une centrale solaire de 40 MW nécessite une superficie de 75 ha. Tandis qu'une petite centrale de 530 kilowatts mobilise 2 034 panneaux posés sur 1,40 ha. Contrairement aux pays européens, les grandes étendues ne manquent pas dans les Hauts-Plateaux et le Sahara algérien. Tandis que l'ensoleillement dépasse les 3 500 heures dans le sud du pays à un moment où il n'est que de 1 400 à 1 700 heures en Europe. Donc, la productivité d'un seul panneau solaire dans le sud de l'Algérie est deux fois supérieure à celui implanté en Europe. Par ailleurs, l'implantation de plusieurs centrales solaires dans les vastes régions des Hauts-Plateaux et du sud du pays permettra de créer des emplois au profit des jeunes des localités isolées dans les activités de maintenance, de l'entretien et de la sécurisation des panneaux solaires et des installations. Malgré cette conjoncture internationale favorable aux énergies renouvelables, le gouvernement Sellal s'est fixé de faibles objectifs dans ce domaine d'ici à 2014. Dans son plan d'action, l'actuel gouvernement table sur de nouvelles capacités en photovoltaïque ne dépassant pas les 100 MW et 30 autres pour l'éolien. Pourtant, et en rapport avec les moyens dont dispose le pays et les relations privilégiées entretenus avec la Chine, cet objectif pourrait être facilement multiplié par dix d'ici à 2014.
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