La mémoire sous sa forme irisée s'est trouvée illustrée dans une exposition en duo, réalisée par le couple Saïd et Hadia Rahmani née Hadjerès. Tenue du 12 mai au 12 juin 2018, l'«Exposition Duo de la Mémoire» s'est trouvée relancée encore d'une semaine pour le plus grand plaisir des puristes amateurs d'art.De la peinture, des empâtements, de la couleur, avec de la brosse, des pinceaux, du couteau, de la matière et de la couleur, de la couleur, de la couleur pour cette exposition un peu passée inaperçue, ramadhan oblige. Ils sont deux, liés par l'art et la passion partagée. Lui, présente quelques vingt travaux tout en acrylique, de grands formats, des petits, des moyens formats pour une belle ritournelle colorée installée au 7 Avenue Pasteur à la galerie Racim. Dame Hadia, elle, nous fait la monstration de quelques douze formats longilignes, et horizontaux pour une série à l'huile de portraits féminins assez mystérieux pour captiver et retenir le regard sur une série de travaux qui empruntent au maniérisme du Gréco, par les aspects composés de personnages hiératiques et somme-toute assez pertinents en couleurs et en traitements, avec quelques audaces à la Modigliani qui ajoutées à la touche de Hadia donnent un ton pas si naïf que ça par le prisme de l'observation du public.
Hadia Hadjeres Rahmani diplômée des Beaux-arts de Constantine en 2007 a un parcours au national très étoffé sur des étapes d'expositions ici à Constantine, Sétif, Béchar, Biskra, Tébessa, Adrar, Tlemcen, Djelfa... avec plusieurs prix nationaux glanés dans les multiples salons des arts plastiques qui parsèment le paysage artistique algérien. Ajoutons à cela quelques incursions artistiques à l'international au Maroc, en Grèce, Tunisie, Espagne et Liban. Hadia continue ses compositions insolites et dramatisées à souhait dans un long parcours fait d'épines, elle continue à receler des pans de mémoire et de traditions qui ont leur public, bon vent lui dirons nous dans son cheminement qui sera probablement plus éloquent à l'avenir.
L'ami Saïd, lui, poursuit un chemin différent par une stylistique ancrée dans le quotidien le plus trivial, il réalise des tranches de vies extirpées de détails qui semblent infimes, minuscules, dérisoires, et pourtant agrandi par les grâces d'une inspiration féconde puisant ses sources chromatiques dans le côté fauve, méditerranéen qui caractérise nombre de nos artistes inspirés par leur quotidien direct.
Dans son discours paraphé par un certain Bardadli, le propos est tout juste abstrait, il nous éloigne du sens plus qu'il nous en apporte, la prose et la poésie tout en lyrisme fait le reste pour nous réaffirmer sans nul doute qu'il vaut mieux voir les ?uvres qui parlent d'elles-mêmes sans avoir recours à des propos franchement en porte-à-faux avec les ?uvres transcrites en nouvelle figuration sur des compositions très vives, très fauvistes qui mettent le détail dans l'honneur d'une composition souvent articulée sur des «partitions» de formes et de choix plastiques aux empâtements généreux, peu de sfumatos ni d'effets de style, juste des séries de travaux explicites, des scènes ou des objets, comme des chaussures, un costume posé sur le fil du rasoir... Aussi une curiesue fixation sur des coquelicots qui par le miracle de la couleur deviennent des emblèmes d'une finesse ductile très bien composée sur le support, les tables, les rayures d'une nappe, une paire de baskets, des tongs ou du linge sur un fil avec des pinces à linge deviennent autant de manifestes colorés et libres de la beauté faite au quotidien, le plasticien est un témoin de son vécu du jour, il transforme alors ses regards furtifs sur une scène ou une autre pour la transfigurer en ?uvre d'art, cet artiste original dans son genre s'il va sur de très grands formats sera assuré d'un grand succès d'estime.
Saïd Rahmani qui a participé à nombre d'évènements en national et en international après un diplôme obtenu en 2007 à l'Esba, est professeur en éducation artistique a exposé un peu partout sur le territoire algérien et ailleurs, entre Londres, Istanbul, Vienne ou Djerba, ou Belgrade; le reste du parcours est consacré à des expositions collectives dont les pistes mènent à Biskra, Mila, Oum El Bouaghi, Biskra, Sétif, Tamanrasset, Bordj Bou Arreridj, Annaba, Tlemcen...Il poursuit son parcours avec notamment une participation au printemps des arts réalisé en mai dernier, en attendant ce succès et ces mécènes qui préfèrent le foot aux arts...
Exposition «Duo de la mémoire», avec Saïd Rahmani, Hadia Hadjeres Rahmani, peintures, Galerie Racim, 7 Avenue Pasteur, Alger, exposition réalisée du 12 mai au 12 juin 2018, en continuation pour quelques jours, entrée libre.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Jaoudet Gassouma
Source : www.lnr-dz.com