
J'espère qu'on n'arrivera pas à un point de non-retour, car les conséquences on les connaît elles pourraient aboutir à un soulèvement de la rue contre ce régime», cette petite phrase prononcée aux journalistes durant sa conférence de presse, hier au siège du parti, en dit long sur les craintes du président de Ahd 54 de voir le pays basculer dans l'inconnu.Pour l'ancien candidat à la présidentielle, les voyants sont au rouge et les comportements de certains ministres, accusés de ne travailler que «lorsqu'ils sont en présence des caméras de télévision», ne font qu'attiser le risque d'une réaction violente de la population. Le premier à se voir reprocher la gestion de son département est Abdelmadjid Tebboune, le ministre de l'Habitat et de l'Urbanisme.Pour Rebaïne, le ministre ment aux souscripteurs des logements sociaux à qui on demande de choisir le lieu de leur bien immobilier sans leur indiquer où se trouve le terrain d'assiette. «Dites la vérité aux Algériens et cessez de pratiquer un politique populiste pour masquer vos mensonges», s'est écrié le président de Ahd 54 en estimant, par ailleurs, que pratiquement tous les chantiers en cours sont à l'arrêt et ceux encore opérationnels «ont un taux d'avancement de 10%».A l'évocation de la situation économique, Rebaïne s'agace de la «politique d'austérité» décidée par le gouvernement et rappelle que même le président Bouteflika reconnaît son échec en la matière, dans une lettre adressée aux Algériens. D'autant que, pour lui, la loi des finances 2016 va principalement toucher les couches les plus défavorisées et protéger les plus riches.«On s'attaque aux revenus les plus bas et on protège les milliardaires», a-t-il estimé. Et d'ajouter : «On demande aux Algériens de se serrer la ceinture, alors que 4000 milliardaires ont vu le jour dans ce pays durant la présidence de Bouteflika.» Et de s'en prendre au Forum des chefs d'entreprises (FCE)accusé de n'être qu'«un lobby qui a sucé le sang des Algérien.» A l'en croire, la tripartite, prévue aujourd'hui à Biskra, «n'apportera rien de nouveau».Alors que la centrale syndicale tunisienne (UGTT) s'est vu attribuer, en compagnie d'un groupe d'organisations, le prix Nobel de la paix pour son rôle dans le «dialogue national», Ali Rebaïne s'est attaqué à l'UGTA, accusé de n'être plus qu'«un comité de soutien au Président». Au plan politique et pour la première fois, le président de Ahd 54 a réagi aux déclarations de Saadani, secrétaire général du FLN, sur la volonté du président Bouteflika de vouloir mettre en place un «Etat civil».«Amar Saadani n'est pas une référence pour aborder la question», s'est exclamé M. Rebaïne, avant d'ajouter : «Pour nous le seul Etat civil qui vaille est un Etat démocratique, où les libertés sont garanties et où tous les pouvoirs ne sont pas entre les mains d'un seul homme.» Par ailleurs, le président de Ahd 54 s'est insurgé contre le phénomène d'enlèvement et d'assassinat d'enfants. Il s'est dit favorable au rétablissement de la peine de mort pour les assassinats «d'enfants et des corps constitués». Ali Fawzi Rebaïne a annoncé que le congrès de Ahd 54 est prévu «au premier semestre 2016».
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Mesbah Salim
Source : www.elwatan.com