Photo : M. Hacène
La Tribune : En votre qualité de grand producteur, la campagne 2011 peut-elle être considérée comme bonne '
SADDOUDI SALIM : On s'attend à une récolte totale qui va au moins dépasser de 20% celle de l'année dernière et de surcroît de bonne qualité dans les variétés qui nous intéressent. Mais je tiens à vous rappeler que la cueillette n'a pu démarrer à temps pour des raisons climatiques. A fin novembre dernier, le niveau des cueillettes enregistrait un retard de 30%. Du coup, dans nombre de palmeraies, la récolte vient juste d'être entamée alors qu'en décembre les régimes sont quasiment tous élagués.
Votre programme d'exportation va-t-il se concrétiser '
Nous avons déjà effectué quelques envois de Deglet Nour, la seule variété objet d'exportation de part sa grande qualité, surtout à destination de l'Orient. Mais pour ce qui concerne la destination Europe, nous enregistrons de moins en moins de commandes de cette variété à cause de nos prix qui ne sont plus compétitifs par rapport à ceux de nos voisins tunisiens. La branchette reste trop chère pour pouvoir l'exporter. Mais ce n'est pas la seule cause. Les tunisiens produisent de plus en plus de Deglet Nour et de surcroît de même niveau de qualité que la notre. De ce fait, on n'est pas concurrentiels face à la production tunisienne.Beaucoup de clients européens nous tournent donc le dos, préférant passer commandes chez les producteurs Tunisiens.
N'y a-t-il pas une autre raison à cette régression à l'export '
Il est vrai que le volet formalités et procédures à l'export s'est assoupli pour nos faciliter la tâche, mais il n'en demeure pas moins qu'un nouveau phénomène est venu freiner l'exportation. Les récoltes des palmeraies qui produisent la meilleure qualité de dattes sont presque toutes achetées par des spéculateurs encouragés par la prolifération de chambres froides. Le marché local étant de plus en plus demandeur, les exportateurs se retrouvent en manque d'approvisionnement.
Si l'offre locale pour l'exportation est en régression alors que la production nationale est en nette croissance, peut-on dire que des quantités importantes passent illégalement de l'autre côté de la frontière '
Cette hypothèse ne tient plus la route depuis, comme je vous l'ai dit auparavant, que les tunisiens ont quasiment doublé leur surface palmeraie de Deglet Nour.Les cas de fraudes décelées en 2005 et 2006 n'ont depuis pas connues de suite ou du moins se sont amoindries en terme de quantité, les nouvelles palmeraies des Tunisiens entrant en production au fil des ans, ce qui a tari le filon des exportations frauduleuses. Cela dit, il faut savoir que nous sommes devenus une société grande consommatrice de dattes notamment la variété Deglet Nour, ce qui pénalise de plus en plus les professionnels de l'export.
Cette insuffisance d'offre pour les exportateurs peut-elle revenir à la hausse sachant que la production va encore augmenter suite au programme d'extension des palmeraies '
Quand bien même cette extension venait à se traduire sur le terrain par de grandes quantités de production, cela ne va changer en rien la situation, si les spéculateurs restent toujours en activité. Ces derniers, si les pouvoirs publics n'interviennent pas, vont continuer à imposer leur diktat. Pour continuer à mener nos activités il faut nous organiser.
Quelles actions envisage votre filière pour contrecarrée les spéculateurs '
Nous allons commencer par épurer les rangs de la filière de ses mauvais éléments. Une mesure très attendue, car il va de l'avenir de la profession. On ne peut pas continuer à avoir comme vis-à-vis les acheteurs en grandes quantités qui n'hésitent pas imposer leur diktat.
Z. A.
Premiers résultats de la campagne phoenicicole 2011
La production de dattes enregistrée au cours de la campagne 2010-2011 a atteint plus de
7, 24 millions de quintaux toute variété confondue pour un objectif global retenu au titre des contrats de performances (2011) de 7,11millions de quintaux.
C'est la première fois qua la production a dépassé le seuil des 7millions de quintaux.
Les wilayas de Biskra et El Oued réalisent à eux deux près des deux tiers de la production nationale (62%) Sur 16 wilayas productrices de dattes, 11 ont atteint et même dépassé leurs objectif (Biskra et Adrar) et les cinq restante par contre n'ont pas réalisé leurs objectifs en la matière et ce sont les wilaya de Ouargla, Ghardaïa, El Bayadh, Tindouf et Naâma
Sur un total de 177 communes productrices de dattes, les trois communes leaders dans la production des dattes sont : Djamaa (320 000 qtx), Sidi Amrane (318 200 qtx) située dans la wilaya
d'El Oued et Tolga (241 000 qtx) dans la wilaya de Biskra. Elles totalisent à elles seules 12% de la
production nationale. Sur 500 000 tonnes de dattes produites en 2010 seulement 4% ont été exportés dont 90% de deglet Nour le reste en vrac.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : La Tribune
Source : www.latribune-online.com