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«Nous avons un potentiel qui dort au Sud»



«Nous avons un potentiel qui dort au Sud»
Dans cet entretien, Amine Bensemane, président de la fondation Filaha Innove, organisatrice du salon SIPSA Agrofood, revient sur le développement de l'agriculture et de l'agroalimentaire au cours de ces dernières années. De même qu'il aborde les éléments essentiels à prendre en charge pour relancer ces secteurs.-Le thème phare de SIPSA Agrofood est la synergie entre l'agriculture et l'agroalimentaire. Justement, où en est la jonction entre les deux 'Elle est d'environ de 20%. Elle est vacillante, mais elle progresse de plus en plus. Nous avons des cas précis d'utilisation de la part des industriels des produits agricoles algériens. Je prends deux exemples : la tomate industrielle et la pomme de terre. A l'heure actuelle, dans ces deux filières les industriels trouvent la qualité des produits qu'ils recherchent pour la transformation. Ils ont signé des cahiers de charges avec les agriculteurs qui leur fournissent ces produits, alors qu'auparavant ils comptaient sur les importations pour travailler. Nous avons d'autres produits, à l'image de l'huile d'olive. Je dirais en fait que l'agriculture en Algérie est boostée par la demande des industriels qui utilisent des produits algériens. Cependant, dans certains cas, beaucoup reste à faire. Regardez la filière boissons, c'est catastrophique.Pourquoi ' On importe les concentrés du Brésil, de Chine et d'autres pays, alors que les fruits algériens sont mis de côté, comme c'est le cas pour la fameuse Ngaoues. Voilà un segment où on peut valoriser la production nationale.-Le salon est à sa 14e édition, la fondation a donc observé le développement de l'agriculture et de l'agroalimentaire au cours de cette période. Quel constat faites-vous 'Nous avons vécu le développement de l'agriculture à travers toutes les étapes et les différents programmes, que ce soit le PNDA ou le PNDRA (renouveau agricole et de l'économie rurale). Nous avons travaillé au départ avec M. Berkat, puis avec M. Benaïssa et aujourd'hui avec M. Nouri qui nous ouvre la porte et nous écoute. Nous sommes l'interface avec notre groupe de réflexion constitué d'experts de toutes les filières qui observent et qui émettent des propositions. Certes, la décision politique nous échappe mais les décideurs nous consultent. C'est-à-dire que nous apportons tout de même des résultats-Qu'en est-il justement des résultats de ces programmes sur le terrain 'Les résultats, on les voit sur le terrain à travers la politique du renouveau agricole de l'économie rurale.-Mais les insuffisances ne manquent pas à cet effet. Le programme fait toujours l'objet de critiques ?C'est normal, cette politique a été critiquée dans le sens où nous avons eu une agriculture complètement archaïque et sous-développée pendant 30 ans et on ne peut pas rattraper ce retard en cinq ou six ans. Comment voulez-vous avoir une agriculture moderne en cinq ans. Le renouveau de l'agriculture a commencé en 2008. Ce qu'il y avait avant n'a pas marché. Maintenant, avec l'ouverture et l'esprit de libéralisation du secteur agricole, on a compris que l'agriculture doit être dirigée par des privés. L'Etat n'intervient qu'à 10-15%. C'est l'organisation interprofessionnelle qui est importante dans ce cas. Dans tous les pays du monde, ce sont les professionnels qui éclairent les décideurs.-Quel est votre avis sur la loi sur les concessions agricoles 'Le problème du foncier agricole a été le premier point abordé et débloqué par le programme du renouveau agricole et rural. Il s'agit en partie de sécuriser l'agriculture. Avec une concession de quarante ans, les agriculteurs peuvent être à l'aise et jouer sur l'avenir.-Quels sont les éléments sur lesquels il y a lieu d'intervenir pour améliorer la production 'On parle de formation et de recherche. Il faut que les instituts d'agronomie, les instituts vétérinaires et zoos techniques travaillent sur le terrain. Il faut une relation entre l'agriculture et l'université. La formation, c'est la base.-Quelles sont les filières qui ont besoin d'être développées 'Les filières de la sécurité alimentaire, c'est-à-dire le lait, les céréales, les viandes et les produits industriels algériens qui ont perdu leur valeur au fil des ans. En 1954, l'Algérie était exportatrice jusqu'en Finlande. Ce n'est plus le cas aujourd'hui, on dépend des importations. La population a augmenté et les besoins idem. Pour le lait, plus on travaille, plus la production est importante, mais elle est dépassée par la population. Il faut aller vers le Sud où nous avons un potentiel qui dort. Nous avons également de l'eau. C'est peut-être la nappe albienne. Nous en avons pour deux ans. Regardez les Marocains ce qu'ils ont fait à Agadir. Agadir, c'est comme Biskra.


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