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Mohamed-Laïd Athmani se fâche contre les censeurs



Mohamed-Laïd Athmani se fâche contre les censeurs
Animé par le poète, nouvelliste et romancier Mohamed-Laïd Athmani, le premier Café littéraire organisé par l'Association Mosaïque s'est déroulé, hier matin, à la Maison de la culture Ridha Houhou en présence d'un public d'un certain âge, que l'écriture de graphie française, l'art et la culture ne laissent pas indifférent, a-t-on constaté.Né en 1949 à Biskra, enseignant de formation, Mohamed-Laïd Athmani est entré en littérature par effraction pour exprimer sa peur et un haut-le-c?ur de voir son pays sombrer dans le chaos suite aux événements ayant secoué l'Algérie en 1988. Dans «Octobre noir» édité à La Pensée universelle, il crie son amour viscéral pour l'Algérie et sa peine de voir ses jeunes malmenés et opprimés.«Yahia Abdenour a écrit sur les événements d'Octobre 88 d'un point de vue juridique, j'ai préféré les aborder d'un point de vue poétique et littéraire. Ma poésie et mes écrits ne sont pas à l'eau de rose, c'est une poésie de l'engagement. J'écris pour ne pas imploser. On nous a interdit de nous exprimer pendant des années et nous avons dû aller nous faire publier ailleurs», dira-t-il. Il est contre la censure des intellectuels, artistes et écrivains obligés de se taire ou de s'exiler vers des cieux plus cléments.À ce propos, il lancera : «Notre expression a été muselée depuis trop longtemps et cette rencontre avec vous me remplit d'émotions», confiera-t-il à son auditoire tout ouïe. Passant en revue les titres de son ?uvre prolifique et dense, constituée d'une quinzaine de livres mêlant poèmes libres, nouvelles et romans dénonçant les injustices du monde, commentant les grands thèmes de l'actualité mondiale tels que l'affaire palestinienne, celle du peuple sahraoui et de la condition des femmes arabes et des émigrés algériens en France, il s'est avéré un être à la sensibilité à fleur de peau, maîtrisant parfaitement la langue française et ayant l'Algérie vissée au corps et à qui cette rencontre littéraire a mis du baume au c?ur, rien qu'en lui permettant de libérer sa voix et de recueillir l'approbation et la considération des siens.Doctorante en didactique du français langue étrangère (FLE) à l'université Mohamed Khider de Biskra, Najah Djebourabi, qui n'a pas manqué ce rendez-vous littéraire qu'elle dit avoir vraiment apprécié, déplore néanmoins «la défection des plus jeunes qui auraient beaucoup à apprendre en lisant les textes de l'invité de Mosaïque et en assistant aux rencontres qu'elle chapeaute», a-t-elle fait remarquer.
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