Biskra - Revue de Presse

Marché parallèle : Les «cambistes» parlent euro



Un euro est actuellement cédé pour pas moins de 120 dinars sur le marché noir à Oran, soit 12.000 dinars pour un billet de 100 euros. Bien entendu, cette valeur reste valable uniquement à l'achat. Pour ceux qui veulent convertir leur euros en dinars, le change est à 11.800 dinars pour les 100 euros. On est loin du taux de change d'il y a une année, où un euro atteignait difficilement les 100 dinars, sur le marché parallèle. Mais depuis qu'elle a atteint ce niveau, la valeur de l'euro est restée quasi inchangée. Même durant les périodes de grandes liquidités, favorisées par l'entrée massive des émigrés en été, la valeur de la monnaie unique n'a pas non plus chuté à Oran. L'explication, selon un «cambiste» du marché parallèle, est qu'en dépit de la disponibilité de l'offre, la demande est restée tout autant soutenue. «Des professionnels du change mais aussi des importateurs notamment de l'Est du pays viennent s'approvisionner régulièrement sur le marché oranais. Ils viennent principalement de la wilaya de Sétif où il y a, semble-t-il, une très forte demande», explique la même source. Les professionnels de la monnaie étrangère connaissent très bien les rues Bab Biskra à Sétif et la périphérie du marché couvert de la ville d'El-Eulma qui sont devenues les points de chute de cette manne. Deux lieux que «les gros clients» de l'Est du pays préfèrent généralement éviter, privilégiant l'anonymat des contacts téléphoniques et les rendez-vous dans les endroits privés. Certains avancent l'existence de quelque 460 «cambistes» dans cette région.

Sur la place d'Oran, il reste difficile de déterminer la valeur exacte des devises qui transitent par le circuit de change parallèle en été. Mais rien qu'en voyant l'effervescence actuelle de ce marché, on peut avancer, sans risque de se tromper, que des sommes faramineuses y circulent. Comparée à d'autres régions du pays, Oran reste incontestablement une des wilayas qui attire le plus d'émigrés en été, et, par ricochet, une bonne part des liquidités en devises. Sans compter ceux qui y viennent pour passer leurs vacances d'été en famille ou au bord de la mer, il y a ceux qui y transitent via le port, le temps de se reposer un peu, changer quelques centaines d'euros, avant de prendre la route vers leurs différentes villes d'origine de l'Ouest. Oran semble assumer ce statut, d'être presque un passage obligé pour cette importante manne en devises, et les «cambistes» locaux en sont bien conscients et comptent bien en tirer avantage.


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