Salle omnisports de Rouisset, en face du stade, où s?entraîne l?équipe de Beni Tour, et du bureau de recrutement de la 4e Région militaire. Il fait chaud, de nombreux badauds entourent, à l?extérieur de la salle, les troupes folkloriques des quatre coins du Sud-Est. Baroud, chameaux. Portraits du chef de l?Etat sur des poteaux vite placés. Beaucoup de monde. Des jeunes, des adolescents. L?entrée de la salle est filtrée par les éléments de la garde présidentielle. Règne absolu du badge jaune frappé de l?enseigne publicitaire « Pour la réconciliation nationale » en blanc sur fond bleu. Salle comble. 2200 places assises. Environ 4000 places en plus sur les terrains adjacents. Banderoles portant les slogans pro-Bouteflika et pro-réconciliation. Des places au deuxième rang, réservées aux notables, restées vides sont vite occupées par des citoyens. « D?abord, mettez les vieilles personnes », ordonne un élément de la garde présidentielle. Petite bousculade. Une femme en turban bleu turquois, lourdement maquillée, avance de plusieurs rangs et tente d?approcher la tribune. Le bouclier humain des gardes du corps stoppe net son avancée feutrée. Mohamed Medjdoub, assis au deuxième rang, est fier de sa chanson passée en boucle en attente de l?arrivée du chef de l?Etat. Le Président finit par arriver. Abdelkader Lakhdar Essaïhi, poète de Touggourt, en abaya blanche, une barbe blanche, hurle un poème en l?honneur de « Sidi Abdelkader », le chef de l?Etat. Des femmes scandent : « Après toutes ces années, barakat ! » Bouteflika sourit. Petits drapeaux employés comme éventail. Pourtant, des climatiseurs neufs tournent à plein régime. Un jeune, qui dort avec sa famille dans la rue, drapeau à la main, est invité par des « notables » à se taire. De hauts officiers et des officiels suivent au premier rang le discours du chef des forces armées et tentent de suivre les explosions d?applaudissements et de standing-ovation du public avec une touchante discipline. Le Président termine le discours. Cohue. Dehors, les journalistes sont attaqués par une foule de jeunes dont une partie abat les poteaux de la fête officielle. Les gendarmes couvrent la retraite des reporters vers un minibus de Biskra qui démarre en trombe sous une centaine de coups de pied et d?insultes. Il est 13h, la ville de Ouargla sombre dans la canicule et l?ennui.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Adlène Meddi
Source : www.elwatan.com