BISKRA - Les pluies automnales de cette saison n'ont pas provoqué que des dégâts matériels et donné quelque fil à retordre aux éléments de la Protection civile, mais ont aussi marqué d'une empreinte particulière la région des Ziban en donnant naissance à un vaste plan d'eau qui a rapidement pris le nom de son site : Essalga.
Les écoulements d'eaux déboulant des hautes vallées alentours ont donné un surcroît d'impétuosité aux flots de l'oued Sersou qui, en quelques jours à peine, ont transformé la physionomie de ce lieudit, perdu entre le lointain village de Lebrach et l'oasis de Khinizane. Un mirage qui n'en est pas un, puisque bien réel, s'offre à la vue des automobilistes qui peuvent admirer une vaste étendue d'eau scintillant sous les rayons du soleil.
C'est aujourd'hui le troisième vaste plan d'eau de la région des Ziban après le barrage de la Fontaine des Gazelles et celui de Foum El-Ghorza qui sont exclusivement utilisés pour les besoins de l'irrigation agricole.
Mieux, ce plan d'eau fera naître à coup sûr un microclimat dans cette zone, au moment où les services de l'Hydraulique y voient un réservoir idéal pour réalimenter la nappe phréatique.
Ce qui étonne particulièrement les habitants de la région située aux piémonts des montagnes de l'Atlas saharien, c'est cette rapidité avec laquelle la végétation, d'habitude pauvre, a envahi ces terres steppiques pourtant arides et fragiles.
En un laps de temps très court, ce lac est devenu une destination "touristique" pour les jeunes de la région qui s'y rendent en groupes pour déambuler sur ses berges ou se réunir autour d'un barbecue ou d'une simple théière, en pleine nature. Des sorties favorisées par le temps doux qui persiste encore sur cette région aux confins du Sahara.
Certains n'hésitent pas à immortaliser par une photo le moment magique du soleil couchant sur ce lac qui lui renvoie le reflet doré de ses rayons. D'autres remplissent des bouteilles de l'eau de ces Ghedirs naissants qui auraient, affirment-ils, un effet curatif sur nombre de maladies de la peau.
De passage dans la région d'Essalga, les chefs de famille s'arrêtent souvent sur le bord de cet étang pour laisser leurs enfants jouir du paysage et s'éclater face à cette étendue d'eau qui incite à la détente.
Les oiseaux migrateurs, à l'instar des dizaines de cigognes observées ces jours-ci, ont également trouvé dans cet endroit humide une station idéale de récupération dans leurs voyages transcontinentaux.
Les personnes rencontrées au bord de ce lac affirment, presque unanimement, que l'endroit invite à la méditation et procure une sensation de profond repos.
C'est une véritable merveille au milieu de cet environnement subsaharien austère où l'eau se fait très rare, affirme certains. Pour Abdelouahab originaire de Tolga, ville distante d'à peine quelques kilomètres d'Essalga, "le visiteur du lac ne peut qu'être fasciné par le site" et "quiconque s'y rend ne peut s'empêcher de le contempler si longtemps qu'il ne se rend pas compte du temps qui passe".
Pour les gens de la région qui ont adoré ce bel espace lacustre inhabituel dans cette contrée aride et sèche, nul doute que ce paysage de rêve ne résistera que le temps de l'hiver qui s'annonce. Une grande partie de l'eau de ce lac, si elle résiste à "Mister Winter", ne tardera pas, affirment-ils, à s'évaporer sous le soleil torride alors qu'une autre partie se faufilera sous terre au travers d'un sol un peu trop poreux pour faire durer longtemps cette merveille.
D'ici là, les amoureux de la nature ne manqueront pas de régaler leurs yeux des beaux couchers de soleil lorsque la brise de fin de journée fait onduler la surface de ce plan d'eau.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Algérie Presse Service
Source : www.aps.dz