
Les industriels ont refusé de s'acquitter de leurs dettes du fait, selon eux, que les services et les aménagements, en principe pris en charge par la SGI, étaient inexistants.Rien ne va plus entre une quarantaine de chefs d'entreprises privées activant dans la zone industrielle de Biskra et la SGI-SPA, société de gestion matérielle et administrative des biens immobiliers de l'Etat, qui leur réclame des sommes faramineuses au titre des services et commodités fournis, comme stipulé dans un cahier des charges et les conventions contractées entre les parties.Sommés de s'acquitter de créances totalisant 14 ans d'impayés, soit de 2004 à 2016, variant de 1,2 à 3 millions de dinars pour certains, ces industriels avaient refusé une telle alternative, du fait, selon eux, que les services et les aménagements, en principe pris en charge par la SGI, étaient inexistants dans cette zone industrielle, laquelle, il est vrai, ne paye pas de mine, peut-on constater.Au cours d'une réunion de travail et de conciliation, organisée au siège de la CCI des Zibans, le 18 janvier dernier, en présence des responsables de la SDC, de la DME, de l'ADE et de la direction du commerce, ces chefs d'entreprise avaient alors convenu avec le dirigeant local de la SGI, dont la direction est basée à Ghardaïa, d'honorer leurs factures pour les années allant de 2012 à 2016, en contrepartie d'un plan d'aménagement et de dynamisation des services au niveau de cette ZI pâtissant «d'un gardiennage aléatoire, d'un manque d'éclairage public et d'eau potable, d'un réseau d'évacuation des eaux usées vétuste et d'une clôture constellée de mille et un trous», expliquent-ils dans un rapport transmis au wali de Biskra. Satisfaits des conclusions de cette rencontre, ces chefs d'entreprise croyaient leurs déboires résorbés.Mais quelles ne fut leur surprise quand, la semaine dernière, ils ont reçu la visite d'un huissier de justice, leur intimant l'ordre de verser la totalité des sommes dues à la SGI, avant que des mesures conservatoires ne soient prises à leur encontre. Ce dernier a présenté aux industriels concernés des sortes de factures comportant près de leurs noms des termes tels que «dangereux» ou «douteux».Des annotations jugées diffamatoires et insultantes par les chefs d'entreprise. Dimanche dernier, ils se sont réunis une fois encore au siège de la CCI des Zibans pour une séance de réflexion sous la présidence de Abdelmadjid Khobzi. Celui-ci a bien tenté de calmer les esprits et d'exhorter les présents à la sagesse et à la recherche de solutions médianes, mais les chefs d'entreprise, visiblement touchés dans leur for intérieur par les agissements de la SGI, ont décidé de recourir à la justice pour faire valoir leurs droits.«De quel droit et en vertu de quelles prérogatives cette société se permet de nous classer comme dangereux et douteux, alors qu'elle ne nous fournit aucun service et que la ZI est dans un état déplorable. Beaucoup d'entre nous ont été victimes de vols et d'incendies à cause de la négligence de la SGI.Nous remboursera-t-elle nos millions de dinars partis en fumée '», a lancé Mostapha Agli, industriel activant dans la fabrication des fournitures scolaires. «Nous payerons nos créances quand les services seront à la hauteur de nos attentes. La nuit tombée, la ZI industrielle se transforme en un lieu mal famé. Il n'y a pas de gardiennage, les lampadaires sont éborgnés et les chiens errants y élisent domicile.Nous vivons dans une insécurité permanente», a ajouté Tarek Bouziane, torréfacteur et conditionneur de café, tandis que Baba Amor, patron de la SARL Ihssane, spécialisée en plasturgie, pense que les méthodes adoptées par la SGI pour recouvrer ses créances sont «indignes, inexplicables et inacceptables.» Chargée de l'aménagement des commodités, de la maintenance de l'éclairage public, du gardiennage, du jardinage et désherbage, du curage des drains et canaux traversant la ZI, ainsi que de l'entretien de la clôture, laquelle est dans un état piteux, la SGI ne trouve aucune grâce aux yeux de ces industriels, soulignera-t-on.Ils comptent sur l'intervention du wali pour mettre un terme à ce qu'ils qualifient «de gabegie, de gestion non professionnelle et d'obstacles à leurs activités économiques», dont serait coupable le directeur de la SGI. A noter que la ZI de Biskra, située sur la route de Tolga, à la sortie ouest de la ville, accueille aussi des entreprises et filiales étatiques, ainsi que d'autres établissements privés, avec lesquels elle n'a pas de contentieux, a-t-on appris.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Hafedh Moussaoui
Source : www.elwatan.com