Constat ?n «Entre 40 et 50% du foncier industriel dégagés ces dernières années pour les investisseurs ne sont pas consommés», a révélé le ministre de l'Industrie et des Mines.«Dans la stratégie gouvernementale, on ne peut plus se permettre d'attribuer des ressources aussi rares que le foncier ou les financements à n'importe quel investissement», a plaidé Abdessalem Bouchouareb hier, samedi, lors d'une rencontre avec les cadres du secteur.La raison principale de cette non-exploitation, de près de la moitié des terrains attribués est notamment liée au manque de maturation des projets pour lesquels ces terrains ont été octroyés, selon une étude d'évaluation réalisée par le ministère. Mais cette étude ne dit pas tout,?puisqu'elle ne parle que d'une partie du problème. Or, la problématique du foncier industriel est beaucoup plus complexe. Elle réside, entre autres, dans l'émergence de pseudo-investisseurs, qui gênent les vrais investisseurs et détournent le foncier de la destination qui devrait être la sienne, comme l'a relevé, il y a quelques mois, dans un colloque, Dr. Chaouki Yaïch-Temame de l'université de Biskra. La gestion chaotique du foncier industriel est aussi liée à l'absence d'une banque de données sur l'ensemble des terrains relevant du domaine privé de l'Etat. Aucune structure ne peut identifier, aujourd'hui, le volume du foncier disponible. Même l'administration des Domaines ne possède que des informations partielles sur les actifs résiduels et les terrains excédentaires dans les zones industrielles.Jusqu'à présent, l'opération de cadastre général, toujours en cours, et qui devrait permettre de recenser tous les terrains relevant du domaine privé de l'Etat a déjà identifié 250 millions d'hectares de terres sahariennes et steppiques et 17 millions d'ha de terres rurales. Et c'est sur la base de cette opération que le ministre de l'Industrie avait avancé en 2015, déjà, qu'il?était«inconcevable de laisser des assiettes foncières inexploitées pour une durée de plus de 15 ans», assurant qu'il sera mis un terme à ce problème fin juin 2016. Mais la situation perdure depuis plusieurs années sans que les pouvoirs publics y apportent des réponses adéquates. Ailleurs, dans leur course à l'investissement, les collectivités locales mettent à la disposition des industriels, gratuitement, non pas des terrains, mais des locaux aménagés et tout prêts à recevoir les équipements de la nouvelle usine. Résultat?: gain de temps conjugué à une création d'emplois et de richesses dont a besoin la région. En Algérie, fatalement, de nombreux projets industriels sont bloqués à cause d'un problème qui s'éternise et qui exaspère les milieux patronaux. Les terrains servant d'assiettes à des projets industriels restent rares, alors que plus de la moitié de ceux qui sont attribués ne sont pas exploités.Pour remédier à cette situation, le gouvernement a pris des mesures dans le cadre de la loi de finances complémentaire (LFC) de 2015, qui impose une taxe de 3% de la valeur réelle du terrain sur les propriétaires du foncier industriel qui ne l'exploitent pas. «Cette mesure va pousser les propriétaires de ces terrains, soit à les exploiter, soit à les céder aux investisseurs», a estimé le ministre.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Assia Boucetta
Source : www.infosoir.com