La journée nationale des handicapés, correspondant au 14 mars de chaque année, a été dignement célébrée par toutes les associations, administrations, institutions et écoles activant dans le domaine.
Des présents ont été distribués aux personnes handicapées de différents âges. On a couvert de tendresse et de belles intentions cette frange de la population aux besoins spécifiques. Cependant, une partie de ces handicapés semble avoir été oubliée. Celle des déficients mentaux errant dans les rues, à la merci de tous les dangers ou constituant eux-mêmes un danger pour les autres. La semaine dernière, le distributeur automatique de billets de banque de la poste centrale a été la cible d'un forcené, d'une quarantaine d'années, qui a détruit l'appareil à coups de pierre. Surpris par la soudaineté et la violence de l'acte, les usagers n'ont pu réagir pour arrêter le malade, qui a pris la fuite. Ce fait divers qui vient s'ajouter à une série d'autres de même acabit, survenus en un court laps de temps dans les rues de la reine des Ziban, remet sur le devant de la scène le problème de la prise en charge des déficients mentaux, de plus en plus nombreux et agressifs. En effet, il y a quelques jours, un énergumène pris d'un soudain accès de folie, armé d'une barre de fer, a grièvement blessée une jeune policière qui dirigeait la circulation sur le carrefour de l'avenue Zaâtcha et du boulevard Emir Abdelkader.Un autre, en guenilles, les cheveux ébouriffés, le visage traversé par des tics nerveux, le regard fou et les gestes désordonnés, a failli provoquer un accident de la route en bombardant de cailloux les automobiles sur le pont d'El Alia nord. Un autre passe le plus clair de son temps à courir au milieu de la chaussée, haranguant les automobilistes et les passants. Personne ne semble pouvoir faire quoi que ce soit pour ces personnes-là. Comme certainement toutes les villes et villages d'Algérie, Biskra a toujours eu ses malades mentaux. Tout le monde les connaissait dans le temps. Ils se comptaient sur les doigts d'une seule main. Ces individus, sans famille, marginalisés par leur maladie, inadaptés, qu'aucune institution ou structure hospitalière ne prenaient en charge, pour diverses raisons, vivaient de la charité des habitants. Désormais, ce sont des inconnus, déambulant dans les rues en proférant des insanités, comme atteints du syndrome de Gilles de la Tourette, hantant les arrêts de bus et les stations routières, violents par moments, redoutables tant ils sont imprévisibles. Ils s'attaquent aux biens comme aux personnes dans des accès de rage, suscitant peur et inquiétude parmi les piétons et les automobilistes.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : H. M.
Source : www.elwatan.com