Décidée à la va-vite, sans consultation de toutes les parties prenantes, la désaffectation du cimetière sème la discorde au sein des habitants.
Le lancement, au début du mois en cours, des travaux de décapage du vieux cimetière de la commune de Djemorah pour en faire une assiette foncière de plus de 5 ha destinée à recevoir plusieurs infrastructures d'utilité publique, sème la discorde au sein des habitants de ce village ancestral, lequel est situé à 35 km au nord de Biskra. Dûment entériné par le conseil municipal, qui, pour prendre cette décision, s'est appuyé sur un édit religieux, fatwa, autorisant ce genre d'opération, ce projet est, en effet, vivement dénoncé par une partie des habitants de Djemorah.
Par le biais de cinq associations culturelles qui ont cosigné une lettre de protestation visant à mettre un terme à ce projet qualifié de «sacrilège contre les ancêtres» et de «profanation de sépultures ayant moins de 30 ans», les opposants à la transformation du cimetière en zone urbaine se disent horripilés. Ils racontent que dès les premiers coups de pioches, des odeurs nauséabondes ont envahi les lieux, que des ossements ont été ramassés et entassés dans des sachets en plastique et que l'entreprise ayant remporté ce marché n'a ni les aptitudes techniques, ni les techniciens spécialisés pour réaliser ce genre d'opération. «Il y a dans ce cimetière plus d'un millier de tombes et rien ne peut justifier ce qu'on leur fait subir depuis quelques jours. Nous demandons l'arrêt des travaux, des explications de la part des conseillés municipaux et la mise en place d'une commission technique réunissant citoyens et autorités compétentes afin de déterminer avec exactitude les tenants et aboutissants de ce projet lancé à la va-vite et sans aucune consultation des familles tenant à ce que leurs morts aient la considération et le respect qu'ils méritent», a expliqué un jeune de l'association de sauvegarde du patrimoine artisanal local.
Arguant que ce vieux cimetière se retrouve du fait de l'extension urbaine de ces dernières années au c'ur des habitations et qu'il est devenu une source de nuisances, les partisans de son éradication soutiennent que cela donnera une autre physionomie au village niché entre un oued et des montagnes aux pentes escarpées. «La commune de Djemorah stagne en terme de développement urbain à cause d'un cruel déficit de ressources foncières et l'utilisation du terrain de ce vieux cimetière est une idée judicieuse qui y apportera un bol d'oxygène. Nous avons besoin d'une nouvelle place pour le marché à bestiaux, d'un lycée, d'une maternité et d'appartements pour les jeunes mariés ; cet emplacement est idéal pour recevoir de tels projets», argumentent les défenseurs du plan d'aménagement de cet espace.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : H Moussaoui
Source : www.elwatan.com