Biskra - A la une

D'un fragment de verre s'esquisse le beau



En pénétrant dans la galerie Aïcha-Haddad, on se croirait dans une séquence de la série de Scène de ménage, où le tas de bris de vaisselles que se jettent les antagonistes à la figure se retrouvent recollés dans les ?uvres de l'artiste peintre Nacer Gouizi. D'où que l'on est tenté de fredonner la chanson de Jeanne Moreau sur laquelle se trémousse "la danseuse" : "On s'est séparés pour mieux se retrouver." C'est ce qu'il a l'air de se dire cet amas de bris d'assiettes qui se réunit pour une seconde vie dans l'assortiment de "Brisures". Du reste, le tesson ou la brèche violacée tend la main au bleuet, et l'olive de jade étreint l'ébène dans l'harmonieux "entrelacement" de l'alliance et de l'élégance de la "Composition bicolore". C'est dire qu'il y a du beau qui s'inspire du vol de "l'hirondelle" qui crayonne le printemps à l'orée de la belle saison, où s'esquisse le coquet ramage de "l'oiseau bleu" du Paradis. Autant dire qu'il a de l'aubaine l'artiste peintre, à l'instant même où "le vaisselier de sa cuisine s'était défait à l'improviste de ses pitons et la pile d'assiettes et de soupières s'était émiettée", lit-on dans le flyer de ce faiseur de toiles. Nullement affecté par la perte de sa porcelaine, l'artiste, au contraire, a trouvé matière à l'art, puisqu'il s'est inspiré de cette perte pour peindre "L'homme brisé". Et à l'exemple d'un puzzle, l'union de ces débris de verre et de céramique a engendré la fusion du corail avec le saphir qui scelle l'horizon du "port marine" et le ciel. Ingénieux ! Du fait du merveilleux et de la magie qu'il y a à puiser dans le filon de la "récup", à l'instant même où le déclic a fait tilt dans l'esprit de l'artiste peintre Nacer Gouizi. Autrement, c'est le naturel de l'enseignant-formateur qui revient au galop, eu égard à ce qui a tout l'air d'être des travaux manuels, tels que le collage de bouts de papier gommé des sorties aérées de notre enfance. S'il en est une preuve, celle-ci éblouit l'?il à l'aide de la mosaïque conçue à la technique du feutre et de l'encre de Chine. Modelé à l'école de l'autodidaxie, le capital pédagogie ajoute de l'eau au "Moulin vert" de Nacer Gouizi, natif de Biskra. À ce propos, l'hôte de la galerie Aïcha-Haddad convie le curieux de l'art à visiter sa toile à l'huile intitulée Champ de blé, où l'on décèle les couleurs du jardin de l'oasis des Ziban, ?uvre en 1872 du comte Albert Landon de Langeville (1844-1930) qui a été baptisé "The garden of Allah" ou le jardin d'Allah par le romancier anglais Robert Smythe Hichens (1864-1950). Mais allez-y donc, c'est jusqu'au 13 avril ! Et pour s'y rendre il suffit de suivre les lignes de la "broche asymétrique".Louhal Nourreddine
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