Booster les exportations afin de limiter les importationsAu fil des années on a perdu et l'espoir et la culture d'exporter pour arriver à une situation inqualifiable, voire scandaleuse à en juger par des données officielles.
Le constat a été fait, admis et ficelé; malgré un énorme potentiel, l'Algérie peine à exporter ses produits. La Deglet Nour de Tolga à Biskra, la clémentine de la Mitidja, la pomme de Khenchela, l'abricot de N'gaous à Batna, la fraise de Skikda, la Figue de Beni Maouche et de Berbacha à Béjaïa, le melon de Oued Rhiou à Chlef, la cerise de Fort national à Tizi Ouzou et la liste est encore longue. Que dire alors des truffes, des champignons, des châtaignes, des carpes. Dieu du ciel! Ce sont des produits exclusivement bio qui poussent dans nos champs sans le moindre produit chimique. Très recherchées en Europe et de par le monde, ces sources inépuisables de devises se perdent dans le néant une fois leurs périodes de développement et de mûrissement passé. Chaque région du pays a son produit-phare et qui demeure incontestablement le plus apprécié et le plus spéculant, du monde... oui du monde... Si le déclic devait venir de cette phrase, qu'il advienne alors. Ne rougissons pas de vouloir la Lune, il nous la faut!
Les contraintes liées à la réglementation des changes auront été parmi les principaux obstacles à l'acte d'exporter. Mais au fil des années on a perdu et l'espoir et la culture d'exporter pour arriver à une situation inqualifiable, voire scandaleuse à en juger par des données officielles. Sur les dix années, le cumul des exportations algériennes hors hydrocarbures (HH) vers l'UE n'a même pas atteint les 14 milliards de dollars alors que le cumul des importations s'est chiffré à 220 milliards de dollars avec une moyenne annuelle de 22 milliards de dollars, selon l'Agence nationale de promotion du commerce extérieur (Algex). Les derniers chiffres en notre possession remontent à 2015 et qui n'ont pas ou très peu évolué montrent que l'exportation de la pomme de terre s'est établie à 24 tonnes pour un montant de 11.500 dollars alors que le contingent accordé au pays par l'UE est de 5000 tonnes, soit une consommation de 0,5% du contingent. Tout simplement dérisoire. Avant-hier s'est ouverte à Beni Maouche la 15e édition de la fête de la figue sèche. Un véritable label qui joue des coudes pour retrouver sa place à l'internationale. Pour l'histoire, cette dernière a gagné la Palme d'or en 1963, déjà à Bruxelles. C'est la figue turque qui lui fait concurrence aujourd'hui en Algérie même quand le même produit algérien est bradé aux frontières pour rentrer dans les quotas du Maroc et de la Tunisie, destiné par la suite à l'UE. A ce titre, le cas de la Deglet Nour est instructif.
La meilleure datte au monde, la plus succulente, qui est d'origine algérienne, est transportée frauduleusement en dehors des frontières pour être vendue en Europe sous le label marocain ou tunisien. Il a fallu attendre l'année dernière pour rétablir quelque peu la situation quand des dattes algériennes de la marque Phoenix ont été sacrées comme l'un des meilleurs produits bio de l'année 2016 en France.Ces dattes, produites par Biodattes Algérie, dans des terroirs de Tolga, dans la wilaya de Biskra notamment, sont commercialisées par la société française Biofruisec sous la marque Phoenix.
Que dire alors de ce fameux raisin d'Algérie tant convoité par les colons qui en ont fait un label pour ses douces saveurs dues au climat particulier et un ensoleillement exceptionnel. Dans un contexte de forte concurrence internationale où les produits bio sont très recherchés, la filière agricole algérienne peut s'offrir une très grande opportunité pour peu qu'elle opère sa mutation. Il s'agit d'organiser d'abord le marché domestique, huiler les circuits de distribution, de transport et de concertation et surtout entamer la certification et la labellisation des produits agricoles afin d'assurer leur protection sur le marché international. L'Algérie ne sait plus exporter, c'est un fait admis. Et si on posait la question inverse: l'Algérie sait-elle vraiment importer' Quand on importe 25 millions de dollars en chewing-gum, un produit inventé par les Américains pour faire patienter le tiers- monde, il faut avouer hélas! qu'on ne sait rien faire sauf...ruminer.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Brahim TAKHEROUBT
Source : www.lexpressiondz.com