
Terroir - Dans la capitale des Zibans, Biskra, les femmes ont le bonheur de pouvoir porter trois sortes de m' lahfate.Femam Hayet, architecte de formation et Aïcha Benaïssa, deux artisanes originaires de cette ville, rencontrées lors du festival dédié à cet habit dont la distinction féminine n'est plus à refaire, ont bien voulu nous parler de leurs créations et des différences existant dans les trois modèles distincts de cette région. «A Biskra, la m'lahfa de couleur blanche est portée par les femmes de la circonscription de Sidi Khaled, Ouled Djellal, Harkat et Ouled Rahma. Celle de couleur rose est citadine, représentant la ville de Biskra même.Celle de couleur noire purement chaouie, revient à la zone géographique englobant M'chounech, Jemoura, El-Kantara. La diversification des coloris se rapporte aux influences vestimentaires des zones limitrophes de Biskra. «Du côté ouest c'est l'ascendance des naîlyate, Msila et Djelfa où le blanc des robes domine.Le mont des Aurès au Nord nous lègue la m'lahfa noire garnie au niveau de l'ourlet de trois rubans superposés, orange, vert et jaune. Enfin, vient la m'lahfa rose comme nous l'avons déjà dit, qui revient aux natives et citadines de la ville de Sidi Zarzour.». Les accessoires d'antan pour retenir cette robe étaient rudimentaires. «Autrefois tissée, la m'lahfa de nos aïeules qui ne pouvaient prétendre aux bijoux, était retenue aux épaules par des noyaux de dattes ou des petits galets noués dans le tissu même», nous signalent nos interlocutrices.A Biskra et ses environs, les traditions sont religieusement respectées par les familles, surtout quand il s'agit de fêtes et mariages. «Les jeunes fiancées qui préparent leur garde-robe, commencent par la confection de leur m'lahfa. Mais à Biskra, la future mariée est tenue d'emporter dans ses valises toutes les tenues d'apparat traditionnelles algériennes faisant partie de la cérémonie du mariage.Cela va du caraco, sarouel, benouar sétifien, caftan, robe kabyle, à la blousa de Tlemcen tout cela accompagné des accessoires appropriés à chaque toilette.» Pour ce qui est des bijoux accompagnant la tenue traditionnelle, il y a les boucles d'oreilles en forme de cercle «zine el khad», «bine» ou diadème et l'éternel «khit el anbar» le sautoir à la pâte d'ambre.Au sujet des coutumes inhérentes à leur ville, Hayat et Aïcha insistent sur le rituel de la «gassaa» qui se perpétue toujours.Ainsi, les parents de la mariée, au troisième jour des noces, apportent un grand plateau en bois garni de l'irremplaçable «chekhchoukha préparée avec un mouton entier. Le mets devant faire honneur au clan familial est relevé d'?ufs durs, de raisins secs, de dragées et autres confiseries.La recherche de la garniture de la «gassaa» doit associer l'originalité à l'art culinaire et ils accompagnent la «gassa» par des plateaux de r'fiss, pâte feuilletée, préparée à la maison coupée en petits morceaux, arrosée de beurre, de miel, de sucre et garnie d'?ufs durs. Pour la petite histoire, le plus beau morceau de gigot rôti est offert par la nouvelle mariée à son beau-père.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : L N
Source : www.infosoir.com