Biskra - Revue de Presse

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Les dattes molles arrivent Le début de l?automne, qui coïncide localement avec la première semaine de septembre, est la saison la plus faste et la plus gratifiante pour les fellahs des Ziban, d?autant qu?il se décline avec la cueillette de la primeur des dattes molles, à savoir el mnaggar, plus connues dans les autres régions du pays sous la dénomination « ghars », lorsqu?il arrive bien entendu à maturité, et le succulent Zog El Mouggar qui, malheureusement, est introuvable cette année sur les marchés. Interrogés sur son absence des étals, marchands et fellahs conviennent que l?espèce est menacée d?extinction pour plusieurs raisons. « Cette variété de dattiers, dont le fruit est à la Déglet Nour ce que la gelée royale est au miel, se réduit actuellement à quelques spécimens que l?on peut sans exagération aucune compter sur les doigts d?une seule main », nous explique Si Tahar, un fellah de Bordj Ben Azzouz. Ailleurs, les djebbars de Zog El Mouggar - rejets que l?on détache du pied du palmier femelle pour les planter - sont introuvables, et lorsqu?on arrive à en dénicher un, à un prix exorbitant, on n?est jamais sûr de sa conformité ; plusieurs amateurs de palmiers rares ont été arnaqués par des marchands sans scrupules qui leur ont fait passer de vulgaires dhokkar pour le nec plus ultra des palmiers à dattes molles. « Les derniers Zog El Mouggar, précise El Hadj Bouzid, doyen des fellah d?El Ghrouss, la mecque des maraîchers algériens, ont largement dépassé l?âge adulte et, de ce fait, ne peuvent plus bourgeonner pour se reproduire. » Aussi pour cette espèce menacée d?une disparition annoncée, l?unique solution reste le clonage, une technique parfaitement maîtrisée par nos voisins, dont les palmeraies du Sud marocain ont été décimées à grande échelle par le « baouidh », le sida des palmiers, comme aussi par les Saoudiens qui se lancent dans la ph?niciculture extensive, avec à la clé, l?objectif inavoué de ravir aux fellahs du Tigre et de l?Euphrate le titre de premiers producteurs de dattes au monde. « A défaut du Zog El Mouggar, il faut se contenter du Mnaggar ou de l?Itima, à consommer sans modération », ajoute Si Bouzid qui conclut que rien ne vaut une poignée de dattes molles à moitié mûries, accompagnée de rasades de petit-lait ou de lait de chèvre caillé, mais fait maison, pour fêter comme il se doit le retour d?« el khrif ».
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