Biskra - A la une

À la découverte d'une ville enchanteresse



À la découverte d'une ville enchanteresse
L'Institut du Monde arabe de Paris abrite, jusqu'au 23 janvier prochain, cette exposition composée d'une centaine de toiles, de photographies et de documents sur Biskra.Les visiteurs, nombreux, qui défilent quotidiennement dans la grande salle de l'IMA où se tient l'exposition "Biskra, les sortilèges d'une Oasis", jusqu'au 23 janvier, s'émerveillent devant la beauté, la poésie et la profondeur culturelle de cette cité qui ouvre sur le désert. C'est à travers des peintures, des photos et des documents exposés que Biskra livre au monde ses secrets et son charme incomparable qui se décline dans le mouvement des branches de palmiers, le soleil qui inonde les souks et les jardins, la lumière qui arrive à s'infiltrer à l'intérieur des maisons conçues pourtant pour résister à la chaleur. C'est à une explosion de lumière et de couleurs que nous invitent les dizaines de toiles (dont certaines relèvent de la collection de Slimane Becha) et de photographies exposées. Le concept est de faire découvrir l'histoire et la beauté de Biskra à travers des ?uvres d'artistes ayant vécu ou transité à un moment ou à un autre dans cette ville. L'exposition commence par un autoportrait d'un peintre local, Slimane Becha, "le grimpeur de dattier", qui sait de quoi il parle puisqu'il est lui-même fils de cultivateur. Cet arbre, qui constitue la richesse des oasis, fascine beaucoup de peintres, à l'image de Franz Blaskovitz (1859-1931) qui peint Les palmiers de Biskra. Gustave Achille Guillemet (1840-1887) peint L'habitation saharienne en 1882. Ici, l'auteur s'éloigne de l'orientalisme romantique et préfère décrire la réalité de la vie à Biskra. L'intérieur de la modeste maison montre une femme qui moud du grain dans une meule en pierre, une autre qui trait une brebis, la guerba suspendue à une poutre suggérant qu'elle va préparer du petit-lait, enfin un âtre et des ustensiles de cuisine. Tout se fait dans une pièce unique. Cela montre une vie austère où les gens se contentent du minimum. Qui aurait osé évoquer Biskra sans parler de ses femmes au savoir-faire avéré et à la beauté subtile ' Derrière son métier, la Tisseuse à Biskra de Paul Leroy (peinte vers 1903), fait avancer son ouvrage, fil après fil, pour obtenir un sublime tapis, synthèse ingénieuse entre les styles saharien et auressien. Maurice Bompard zoome sur une femme Ouled Naïl de Biskra portant des vêtements chatoyants et richement décorés, alors qu'Eugène Fromentin met en exergue la beauté d'une Femme de Ouled Naïl et les bijoux qu'elle porte. C'est la même admiration pour la beauté de la femme de Biskra, son regard, son tatouage et ses bijoux qu'exprime Marie Caire-Tonoir (1860-1934) qui peint aussi le charme et la richesse des vêtements d'une femme de la communauté juive de Biskra. L'eau, source de vie. Jamais cette expression ne prend autant de sens que dans les oasis, ces lieux du désert bénis de Dieu qui les a gratifiées du précieux liquide. Mais elle ne jaillit pas seule, l'homme devant suer pour la trouver. C'est le métier de la famille Ouamane, la bien-nommée, même si cela n'exclut pas d'autres talents comme celui de Tahar Oumamane qui rend les valeurs oasiennes avec la technique mixte sur céramique. La séguia qui irrigue la palmeraie et lui donne vie n'échappe pas au regard connaisseur de Guillemet (La séguia près de Biskra - 1884) qui présente l'image idyllique de jeunes femmes venant puiser de l'eau dans la séguia. L'exposition comporte près d'une centaine de toiles, de photographies et de documents sur Biskra. La profondeur historique et culturelle, le mariage de la beauté, de la lumière et de l'eau, le génie des habitants qui ont su apprivoiser le désert, l'élan de la ville et de sa région dans l'itinéraire de la vie contemporaine, tout cela constitue une grande et belle fresque de Biskra que le visiteur de l'exposition à l'IMA ne peut qu'admirer et aimer.A. B.
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