
Le must pour les Béjaouis, comme pour le reste des Algériens d'ailleurs, c'est de posséder un chardonneret, le « Meqnine » pour les intimes. Les amoureux de ce volatile, qui aurait certainement plus mérité que le fennec d'être élevé au rang de mascotte nationale, se donnent rendez-vous tous les jours du côté du marché d'El Khemis, dans le centre de Bejaia. Bien évidemment, ils sont plus nombreux à s'y rassembler durant le week-end, mais ils ne sont jamais absents le reste de la semaine. Ils occupent sagement un bout de trottoir, sous l'ombrage rafraichissant des grands frênes. Cage en main, posée à leurs pieds ou sur le capot d'une quelconque voiture en stationnement, ils vantent les qualités de leurs volatiles, se racontent ses exploits, réels ou supposés, l'exhibent, démontrent la beauté de son plumage, louent sa vigueur, et surtout, mais alors surtout, la qualité de son chant. Certains chardonnerets n'attendent pas leur maître pour se lancer dans un remarquable concert, d'autres se contentent de quelques gazouillis, au grand dépit de leurs propriétaires qui, bien évidemment, comptent en obtenir un bon prix. A côté des vendeurs de cages, graines, et autres assortiments, et des curieux de passage, les acheteurs ne manquent pas aussi. Et chacun tente de montrer qu'il n'est pas novice en la matière. Aussi, pas question de débourser au premier coup de c?ur. On se regroupe autour des cages, on écoute les plus volubiles, on jauge, on attend que quelqu'un se hasarde à demander le prix. Mais la plupart se portent acquéreurs de jeunes chardonnerets. A 3.000 dinars par pièce, ils sont les moins chers. Avec le secret espoir d'en faire un champion du ramage qui rapportera gros dans quelques mois. Certains sont prêts à débourser des millions. D'autres jurent qu'ils ne se sépareraient pas de leur piaf même si on leur en offrait des millions. Pour certains, la vente de chardonnerets est un commerce juteux. Mais il ne faut pas oublier qu'elle se fait au détriment de la nature. Hors des villes, le chant du chardonneret ne se fait plus entendre, alors que cet oiseau proliférait sur le territoire de cette wilaya. Les vendeurs le confirment. Ils disent s'approvisionner dans d'autres régions du pays. Bejaia ne fait pas exception. Le chardonneret est une espèce en voie de disparition en Algérie, tant les prélèvements ont été importants et continuels. Les amoureux du chardonneret devraient être les premiers à s'en inquiéter et, pourquoi pas, le défendre.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Ouali M
Source : www.horizons-dz.com