Dans son audience de mercredi, le tribunal criminel de Constantine a eu à traiter une affaire d'association de malfaiteurs, vol qualifié de nuit par escalade pour les deux premiers mis en cause et non-dénonciation et recel pour le troisième. A. Bilel, 23 ans, B. Mehdi, 20 ans, et M. Sifeddine, 21 ans, sont impliqués dans cette affaire.
Selon l'arrêt de renvoi, les deux premiers cités se sont spécialisés dans la surveillance des appartements sis à la cité Boussouf pour ensuite perpétrer les vols. Le 7 août 2007, B. Mehdi avait escaladé, en utilisant les barreaux des fenêtres, la façade d'un immeuble de la 3e tranche de la cité Boussouf pour accéder au quatrième étage, pendant que A. Bilel faisait le guet. Il força le grillage du balcon pour pénétrer dans l'appartement et s'emparer de l'argent, de bijoux, du portable du locataire, alors en voyage.
Ils récidivent en pénétrant dans plusieurs autres logements qu'ils avaient repéré au préalable. Ainsi, 5 appartements ont été « visités ». Les objets volés étaient écoulés chez des marchands occasionnels. Un kilo 700 grammes de bijoux ont été vendus pour 600.000 dinars, les portables ont été échangés par d'autres. Les deux jeunes se payaient du bon temps en se rendant à Béjaïa où ils louèrent un bungalow. B. Mehdi a été finalement reconnu par l'une de ses victimes, qui l'a dénoncé à la police. Il a été arrêté par les services de la police judiciaire de la cité Boussouf. A la barre, Mehdi a retracé les moments de sa détention provisoire. Il précise: « J'ai été malmené, M. le président ». Et d'ajouter: « Je ne peux rien escalader car j'ai un broche au pied droit ». Le président lui rétorque: « Tu as pourtant relaté les faits dans le détail lors de l'enquête, pourquoi changes-tu tes déclarations ? ». Le deuxième accusé, A. Bilel, devait déclarer quant à lui « avoir trouvé des clés dans la cage d'escalier. « J'ai tenté de les restituer à leur propriétaire, mais sans résultat, durant toute la journée. J'ai attendu ensuite, puis je me suis permis d'ouvrir la porte pour m'emparer des bijoux, de 600.000 dinars, d'un portable et je suis sorti. J'ai agi seul ». Le troisième mis en cause, M. Sifeddine, accusé de n'avoir pas dénoncé les différents vols perpétrés par les deux premiers cités et de recel d'objets volés, dira qu'il n'avait certes pas signalé les vols, mais précisera n'avoir jamais recelé quoi que ce soit.
Appelé à dire sa version, la victime, B. Mohamed, dira « qu'en rentrant de vacances, tout était sens dessus dessous. L'inventaire fait, nous avons constaté que tous les bijoux en or de ma femme, d'une valeur de 2. 000.000 de dinars, ont disparu, en plus de ceux de ma soeur, d'une valeur de 1.800.000 dinars, ainsi que 140.000 dinars en espèces ». La victime précise qu'elle soupçonne B. Mehdi et personne d'autre. La partie civile a axé son intervention sur les résultats de l'enquête judiciaire. « Mon client a perdu des objets de valeur se trouvant dans son appartement. Nous demandons réparation », a déclaré la robe noire. La défense des accusés a expliqué que « nos mandants ne sont nullement responsables de ce qui est arrivé à la victime. La nuit des faits, ils étaient ailleurs. Les communications téléphoniques prouvent que B. Mehdi se trouvait dans d'autres lieux, comme le prouvent les relevés que nous avons pu obtenir chez les agences téléphoniques. Pour cela, nous demandons la relaxe ».
Après délibérations, le tribunal relaxe B. Mehdi et M. Sifeddine, tout en requalifiant l'accusation portée contre A. Bilel en simple vol et le condamne à 3 ans de prison ferme.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : M Amar
Source : www.lequotidien-oran.com