Le quartier Nacéria de la ville de Béjaïa a vécu la nuit de mardi dans des conditions très agitées, obligeant les services de police à se déplacer sur les lieux pour calmer les esprits qui s'échauffaient depuis le début de l'après-midi. Excédés par les «comportements indécents des clients» d'un salon de thé, ouvert depuis un peu plus d'une année, les jeunes du quartier ont tenu à marquer leur mécontentement face à la situation qui ne cesse de se dégrader depuis.
Les jeunes frondeurs iront jusqu'à exiger la «fermeture de l'établissement», unique voie, à leurs yeux, pour mettre fin aux «pratiques malsaines portant atteinte à la morale publique qui s'exercent régulièrement sous leurs fenêtres et balcons». «Si nous exigeons aujourd'hui la fermeture de ce salon, c'est parce qu'il est la source de nos problèmes», affirme un manifestant à notre arrivée sur les lieux de la manifestation. Plus précis, il ajoutera que «les clients de ce salon s'adonnent à des pratiques pas trop catholiques, en sortant de l'établissement sous les regards de nos enfants et de nos familles». En d'autres termes, ce sont les clients de cet établissement qui sont visés, eux qui ne se donnent pas la peine de respecter l'environnement immédiat de l'établissement qu'ils fréquentent à travers des gestes et des pratiques qui ont fini par provoquer la colère des riverains. Dans la soirée de mardi, on a failli en arriver aux mains.
La tension était vive au point où les policiers dépêchés sur les lieux avaient tout le mal du monde à s'interposer entre le patron, les employés de l'établissement et les riverains contestataires devenus plus nombreux et exigeant toujours la fermeture. Dans la foulée, les langues se sont déliées pour faire état de dépassements. «En rentrant de mon travail, j'ai souvent surpris des couples dans leurs voitures dans des conditions inacceptables», raconte ce riverain, qui va jusqu'à accuser la police de ne pas intervenir lorsqu'elle est alertée en conséquence.
«Nous vous avons appelés plusieurs fois et vous n'avez jamais daigné vous déplacer», riposte un manifestant à un policer qui accusait les jeunes protestataires de verser dans la violence alors qu'il suffisait de saisir les autorités concernées. Bagarres, disputes ponctuées par des mots déplacés, des femmes en tenue indécente, voilà le quotidien décrit par les riverains qui ne jurent que par la fermeture de l'établissement.
Le propriétaire s'en lave les mains de ce qui se passe en dehors de son établissement. Il affirmait aux policiers qu'il active en toute légalité, oubliant sciemment qu'il a «transformé sa sortie de secours en deuxième façade», comme le lui fait remarquer ce cadre de la direction de l'urbanisme résidant dans la même cité. «Je ne comprends pas d'où tient-il une autorisation pour l'ouverture d'un deuxième accès qui donne directement sur la cité.
«Trois accès!», s'écrit une autre manifestante «ils sont réservés aux femmes de joie connues dans toute la ville de Béjaïa», renchérit un autre.
Une ouverture qui se trouve être à l'origine même de la protestation et pour laquelle tous les contestataires ont convenu de rédiger une pétition exigeant sa fermeture immédiate.
Ils comptent saisir les autorités concernées pour leur demander d'agir au plus vite, avant que l'irréparable ne se produise comme ce fut le cas l'an dernier dans la localité balnéaire de Tichy, lorsque les jeunes de la ville avaient saccagé les hôtels de la ville pour les mêmes causes et les mêmes maux.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Arezki SLIMANI
Source : www.lexpressiondz.com