Bejaia - A la une

Un ouvrage de deux mille ans



L'aqueduc romain de Toudja est une ?uvre de 2000 ans d'existence. Nous ignorons avec exactitude son cheminement fait et refait. Le fort débit d'eau qu'il distille via la source El Aïnceur desservant à l'époque aussi bien cette ville, ses alentours immédiats, et la ville de Béjaia via des canaux long de plus de 37 km et qui continuait en 1950 de débiter 5.600 litres par minute. Ses vestiges comme autant d'autres dont on en perd progressivement traces et usages ont entamé leur descente aux enfers depuis le 18e siècle, notamment pour l'édifice et ses réserves.S'il est difficile d'en faire aujourd'hui l'inventaire complet de monuments, vestiges et autres ouvrages d'envergure que compte la wilaya de Béjaïa, au motif ou un grand nombre émargent au registre de disparus. Une disparition du fait de la négligence ou de l'abandon qui a concouru à de nombreux enfouissements, de dégradations, et parfois même de dilapidations... C'est le sort réservé à tous les patrimoines lorsqu'ils ne sont pas sauvegardés et classés et réhabilités pour la postérité. La décision prise par l'APC de Béjaïa en cette fin du mois de février de réhabiliter la porte des étendards (Bab El Fouqa) avec la porte Sarazine, mais la seule restante en l'état sur les sept que compte la ville est une décision des plus sages même si, faut-il, le souligner l'enveloppe qui a été réservée au projet en est dérisoire pour garder l'authenticité de ce site merveilleux. L'aqueduc romain de Toudja pour en revenir, et bien d'autres monuments se trouvant en cette ville musée sont en situation d'agonie qui interpellent au plus haut point sur leurs situations à leurs sauvegardes et protections. De tous les édifices antiques, il en est des plus attrayants et intéressant à plus d'un titre. Depuis sa conception au deuxième siècle après JC, par le librator ingénieur militaire Nonius Darius, et en dépit de nombreuses études dont il été concerné, son mystère et celui du percement de la galerie de jonction persiste toujours. Les sources captées par cet aqueduc sont au nombre de deux, l'une à fort débit à de tout temps alimenté la ville de Bejaïa et constitué ses réserves. Les fortes productions journalières constituent pour le reste un motif commercial tous azimuts. La récente décision prise le ministre des Ressources en eau, Hocine Necib, lors de sa récente visite à la mi-février de protéger ces sources, aura été un sage verdict et une responsabilité à qualifier d'historique hautement saluée. Une décision qui devrait selon les v?ux déborder de la source et adjoindre l'édifice millénaire. Cet aqueduc même si toutefois ce tracé a été modifié au 19e siècle par l'actuelle source Aïnceur, il contourne le petit massif Berroudj pour atteindre un col Tihnaine, après le pont aqueduc il longe le tracé de l'actuelle route des crêtes. A Ighil Hbal, elle fait place au tunnel qui aboutit à El Djenan puis à Sidi Meftah Imoula, Adrar ou Farnou, pour atterrir à fort Clauzel et Sidi Mhend Amokrane où ses déversements emplissent un parc de citernes. Des citernes dont on ignore avec exactitude le nombre et la capacité, mais dont on sait par contre qu'elle déborde à Sidi Touati, l'ancien hôpital Frantz-Fanon, la mairie... Le pont de Tihnaine est un ouvrage d'envergure de cet aqueduc, long de trois cent mètres, il est un point critique du dispositif d'adduction pour palier la perte de pente. Le tunnel Lahbal, d'une longueur de 560 m en certains endroits dont la largeur atteint les deux mètres, ses profondeurs vont jusqu'à dix mètres. En 2000, il a fait l'objet d'une visite spéciale de son excellence l'ambassadeur d'Italie, en 2005 une importante réunion s'est tenue à l'effet d'en formuler un projet de recherche. En 2006, une thèse doctorale lui été réservée à l'université de Siena. Ses projets de recherche lui ont valu une exposition internationale à l'université d'eau de Val de Marne et la création d'un musée à Toudja. L'association Gehimab y travaille depuis 1991 pour redonner à l'aqueduc toute sa valeur historique, culturel mais autant scientifique, elle ?uvre également pour sa réhabilitation en tant que site des plus importantds de la ville. Des projets de recherche s'y multiplient depuis 2006, s'interrogent essentiellement sur les méthodes utilisées pour la percée du tunnel, mais aussi pour sa réhabilitation et valorisation, dans la perspective d'en percer ses mystères dont il garde au plus profond des ses galeries tous ses secrets.
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