Bejaia - A la une

Un homme de caractère et de décision



Un homme de caractère et de décision
C'est un personnage atypique et aucun journaliste ne résisterait à la tentation d'en croquer le portrait. Sa réputation l'a précédé, mais les Bejaouis le découvrent grandeur nature.Ouled Salah Zitouni, le wali de Bejaia, ne fait pas dans le protocole durant ses visites de travail, qu'il entame, cauchemar pour les lève-tard, aux aurores et qu'il mène au pas de charge. Il n'aime ni tambour ni trompette. Ni ne fait dans la dentelle. Regard ombrageux et voix autoritaire, il ne supporte pas qu'on fasse du bruit autour, ni qu'un subordonné ne réponde aussitôt présent dès qu'interpellé, ni qu'on tourne autour du pot quand on répond à ses questions. Il ne met pas aussi trente-six heures à réfléchir face à un quelconque obstacle : la décision est prise sur le champ et l'ordre, qui claque comme une baffe, doit être exécuté.Sur le champ s'il s'agit de révoquer un entrepreneur pas très entreprenant, ou comme un ultimatum, s'il estime la faute du côté de l'administration.Lors des réunions avec les cadres de l'exécutif, le wali exige aussi le silence et une écoute de tous les instants. Aucune excuse à une sonnerie de téléphone qui dérange, ni à un commentaire glissé dans l'oreille du voisin, à une imprécision dans la réponse. Leurs auteurs sont rabroués sans ménagement. Et même expulsés de la salle, en des termes peu amènes. C'est lui le wali et il n'y en a qu'un seul, c'est lui le commandant de bord et il tient la barre fermement, n'hésitant pas à le faire savoir et le répéter autant de fois que nécessaire pour le faire rentrer en tête.Cela a jeté un froid glacial dans ses rapports avec eux. Mais le wali n'en a cure. Mal en prend à ce qui tente de lui tenir tête. Une leçon bien apprise, si l'on se fie cette anecdote à propos d'un cadre qui a voulu répondre au wali : « Si tu as l'intention de lui répondre, sache que tu seras tout seul », lui souffle un collègue pour l'en dissuader et lui faire comprendre de ne pas compter sur une improbable solidarité de corps.Ces cadres commencent à se refermer comme des huitres et, bizarrement à prendre des congés maladie aussi subits que diplomatiques. Méthode discutable ' Chacun y va de son commentaire. En tout cas, il ne laisse personne indifférent. Certains lui prédisent qu'il va buter un jour sur un os. Nul doute que les intérêts qu'il a bousculés guettent la moindre erreur pour crier haro. Déjà, il a essuyé quelques attaques médiatiques pour avoir intimé l'ordre aux directeurs exécutifs de ne pas s'absenter hors wilaya sans son autorisation et aux directeurs des structures culturelles de ne point autoriser la tenue de manifestations autres que celles qui leur sont dévolues. Depuis qu'il est en fonction, les élus de la wilaya ont subitement disparu du paysage lors des visites sur le terrain. Ce qui n'est pas passé inaperçu, et provoqué des commentaires des plus ironiques, comme à l'endroit de cet arrangement qui a permis à l'APW, bloquée des mois durant, de fonctionner de nouveau.Côté population, les citoyens semblent apprécier ce ton et ce comportement nouveaux, qui tranchent d'avec le style de son prédécesseur qui a installé une situation de conflit perpétuel en cherchant la paix à tout prix. Mais ce petit capital sympathie que le wali commence à accumuler en secouant sans ménagement le cocotier, exige des résultats tangibles sur le terrain. Un terrain miné qui a eu la peau de bien de ses prédécesseurs. Le souhait des citoyens ' Qu'il ait la peau dure !


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