De notre correspondant à Béjaïa
Kamel Amghar
Quand on parle de commodités dans une ville, on sous-entend la disponibilité et la qualité des services publics de base. La santé, l'hygiène, la sécurité, l'emploi, le transport, les systèmes d'enseignement et de formation, l'approvisionnement et la régulation des circuits commerciaux, l'offre en matière de détente et de loisirs, la capacité de l'Administration à anticiper le développement constant de la Cité, sont autant de paramètres déterminants pour le niveau de vie des citadins. Depuis le début des années 1990 à ce jour, la population de la ville de Béjaïa a quasiment triplé. Les nouveaux arrivants, issues des contrées rurales environnantes et d'autres régions du pays, affluent encore à la recherche d'une vie meilleure et de conditions de travail moins contraignantes. Cette énorme pression démographique, faute d'infrastructures d'accueil suffisantes, s'est naturellement traduite par une nette dégradation des services de base déjà existants. L'offre de soins dans les établissements publics de santé n'arrive plus à répondre à la demande. Les praticiens dans les deux hôpitaux et l'unique maternité de la ville se plaignent constamment de cette espèce de surexploitation. Grèves et débrayages sont récurrents dans le secteur. Le transport urbain n'a pas eu, non plus, l'essor adéquat. Les opérateurs privés, faute de concurrence, tardent à renouveler leurs flottes. Récemment, un vieux bus, visiblement mal entretenu, a pris feu au beau milieu de la chaussée. Les passagers, fortement effrayés par l'incident, se sont précipités par les vitres. L'affligeant spectacle de l'autobus carbonisé a ému plus d'un. Pour échapper à cette pénurie, beaucoup de citoyens se tournent naturellement vers l'achat de véhicules personnels, mais les installations routières restent encore à moderniser. Chaque jour, d'interminables bouchons se constituent à tous les carrefours. En matière d'hygiène, les quartiers populaires croulent sous les déchets. L'APC n'arrive plus à faire face aux tonnes d'ordures produites quotidiennement. Cette urbanisation rampante a aussi des conséquences sur le réseau d'assainissement. Les canalisations d'eaux usées et les caniveaux d'eaux pluviales débordent. Les espaces verts se réduisent. Les établissements scolaires sont surchargés. La violence et la délinquance sont en hausse. Là aussi les conflits socioprofessionnels sont réguliers. Dans le chapitre détente, c'est carrément la disette. Hormis de rares manifestations culturelles, la ville manque de jardins, de parcs, d'aires de jeux pour enfants et d'installations sportives digne de ce nom. Malgré les gros budgets mobilisés par le gouvernement pour répondre aux multiples urgences, l'Administration et les élus locaux traînent encore la patte. Le taux annuel de consommation des crédits publics destinés au développement local se situe autour de 12%. Ceci est valable pour toutes les autres villes de la région. Akbou, Kherrata, Sid Aïch, El Kseur, Tazmalt ou Souk El Thenine attendent impatiemment la concrétisation de projets, initiés de longue date, pour atténuer l'énorme pression démographique qui s'exerce sur elles. En somme, la qualité et le niveau de vie à Béjaïa ne connaissent pas de développements notables. Les citoyens parlent même de régression.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : K A
Source : www.latribune-online.com