Bejaia - Revue de Presse

Nouvelles lignes maritimes d?une compagnie française Plainte de la CNAN pour concurrence déloyale



Le lancement depuis le 13 septembre dernier par la compagnie française SNCM de nouvelles lignes régulières maritimes (ROPAX) reliant le port de Sète en France aux trois ports algériens d?Oran, Béjaïa et Skikda fait grincer des dents au sein du groupe CNAN, dont la principale activité reste le transport des marchandises. Le groupe CNAN estime que la compagnie française fait dans le transport des marchandises tout en bénéficiant des avantages accordés aux compagnies de transport de voyageurs. D?où son sentiment d?être victime d?une situation de concurrence déloyale. Selon nos sources, le groupe CNAN se serait officiellement plaint à la Sogeports pour dénoncer cette situation selon laquelle la SNCM fait volontairement du transport de marchandises son principal créneau en dépit du fait que le transport des passagers est censé être sa principale vocation. La SNCM semble avoir trouvé la bonne formule. Les navires de transport de voyageurs bénéficient d?une priorité à l?accostage, ce qui n?est pas le cas des navires de marchandises qui sont contraints, quand le port est saturé, de rester en rade, parfois pour plusieurs jours, avec tout ce que cela induit comme retards dans la livraison des marchandises mais aussi de paiement de surestaries. Avec un ferry ROPAX comme le Corse qui peut transporter jusqu?à 2.000 passagers, mais qui offre en plus une capacité dédiée au fret de 580 mètres et de 200 véhicules, la SNCM ne cache pas son ambition de se placer comme transporteur de fret en proposant la remorque comme mode de conditionnement alternative au traditionnel container. Les responsables de SNCM-Algérie, avaient, lors d?une rencontre tenue au niveau de la chambre de commerce et d?industrie de l?Oranie, le 22 août dernier, mis en exergue les avantages qu?offrent un navire ROPAX (fret-passagers) comme c?est le cas du Corse notamment en matière de transport de remorques, un mode de conditionnement qui, selon les différents intervenants, se présente comme une alternative de choix pour contrecarrer les aspects inflationnistes. Les logisticiens (les sociétés spécialisées dans la location des remorques) d?Europe mais aussi d?Algérie, même si ces derniers ne sont pas nombreux, semblent, selon les mêmes sources, vouloir développer ce mode de transport en cherchant de nouveaux marchés comme l?Algérie.L?intérêt réside aussi dans le fait qu?un fournisseur établi en Hollande ou en Suède pourrait charger sa marchandise dans un remorqueur pour la livrer directement à ses clients basés à Sidi Bel-Abès, Aïn Témouchent ou Tlemcen sans passer par plusieurs intermédiaires. Les logisticiens, a-t-on ajouté, ont même trouvé le moyen de rentabiliser leurs affaires, en misant sur le potentiel agricole algérien avec des produits frais qui pourraient être embarqués à bord de remorques frigorifiées pour arriver deux jours après sur les étals des marchés européens. Une aubaine pour l?économie nationale qui peine à développer ses exportations hors hydrocarbures.
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