Bejaia - A la une

"Les nouveaux riches doivent payer"



D'éventuels mouvements de protestation dans les jours à venir ne sont pas à écarter ont soutenu nos interlocuteurs visiblement choqués par les mesures gouvernementales et surtout leur «injustice».La décision du gouvernement de geler le recrutement et les augmentations salariales attendues dans la Fonction publique durant l'année prochaine n'ont pas laissé de marbre les étudiants, les syndicalistes et les commerçants de la ville de Béjaïa. Tous se sont accordés à dire hier que ce n'est pas aux simples fonctionnaires de payer le prix de la baisse des recettes pétrolières du pays» et que «le gouvernement devrait s'orienter plutôt du côté de celles et ceux qui se sont amassés des fortunes durant ces quinze dernières années». Une sentence qui n'a d'égal que le refus de ces catégories sociales de se voir endosser la responsabilité d'un système qui n'a jamais su prévoir l'avenir ne serait-ce que le plus proche. Dans le secteur de l'éducation, les travailleurs et leurs syndicats mesurent déjà les dommages collatéraux. Tout comme lors de précédentes crises, celle qui pointe à l'horizon «risque de toucher encore la classe moyenne», estime Hafid un enseignant au lycée polyvalent. Son collègue renchérit en parlant d'une «manoeuvre politicienne pour freiner l'ardeur des travailleurs dans leur quête d'un bien-être qui ne saurait être sans l'augmentation des salaires». Rencontrés hier matin dans un café au quartier Nacéria, deux étudiants de l'université de Béjaïa ne cachent pas leur amertume. «le gouvernement cherche à épargner ceux qui ont tiré profit de l'embellie financière qu'a connue notre pays», regrettent-ils. «Comme à chaque fois, au lieu de réduire les salaires les plus élevés, c'est la classe moyenne qui devra supporter les situations de crise. C'est malheureux!», S'insurgent-ils. Du côté des chômeurs, on parle sans détour d'«une manoeuvre». «C'est une manoeuvre désespérée des autorités pour détourner l'attention des chômeurs et mettre au placard leurs revendications», un membre actif du Comité national pour la défense des droits des chômeurs (Cnddc. «La décision du gouvernement de suspendre les recrutements dans la Fonction publique «ne concerne les chômeurs ni de près ni de loin». La riposte se prépare déjà nous fait-il savoir. Du côté des travailleurs recrutés dans la cadre du pré-emploi «l'injustice de la mesure gouvernementale» est sur toutes les lèvres. «Nous avons sacrifié des années de notre vie professionnelle avec l'espoir de se voir recruter officiellement, voilà qu'on nous annonce ce gel injuste», estime un animateur très en vue au niveau de la wilaya de Béjaïa. «Quand il fallait réfléchir à une véritable diversification de l'économie nationale, le gouvernement s'est amusé à servir des crédits pour calmer les esprits, aujourd'hui il s'oriente vers la frange de la société la plus fragile pour lui faire payer ces erreurs», soutient un chômeur qui parle de «décisions hâtives, aléatoires». «Au moment où nous attendions l'insertion définitive des travailleurs du pré-emploi et la fin de leur précarité», voilà qu'on leur coupe tout espoir pour un avenir meilleur et tant attendu.D'éventuels mouvements de protestation dans les jours à venir ne sont pas à écarter ont soutenu nos interlocuteurs visiblement choqués par les mesures gouvernementales et surtout leur «injustice». La coordination locale des étudiants de l'université de Bejaia et la coordination des chômeurs ont déjà abordé le sujet d'une riposte dès la rentrée même si pour «l'heure rien n'est arrêté» a indiqué Kamel.


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