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Les mêmes réflexes produisent les mêmes effets AU TROISIÈME JOUR DE RAMADHAN À BEJAIA



Par son comportement, le jeûneur provoque des bouleversements qu'aucune logique ne peut expliquer.Pour la troisième année consécutive, le Ramadhan s'invite en pleine saison estivale. Il s'est installé dans le quotidien du citoyen donnant lieu à un bouleversement total qui en dit long sur les habitudes qui changeait comme si on change de pays.
Cette année encore il est caractérisé par un temps d'abstinence de près de 17 h, sous des températures entre 33° à 45°, selon les endroits. Ce n'est pas tout, les Algériens devront faire face à la hausse vertigineuse des prix de produits alimentaires. Les commerçants avaient déjà annoncé la couleur une semaine avant le premier jour de jeûne comme pour préparer les consommateurs et leur éviter un choc, profitant de l'impuissance de l'Etat à réguler le marché. On assiste donc à la saignée des ménages, alors que les produits agricoles, par exemple, sont disponibles. L'offre dépasse de loin la demande. L'Etat et les commerçants ne sont donc pas les seuls responsables de cette flambée des prix. Les «comportement alimentaires» des citoyens y sont pour beaucoup. Le Ramadhan est connu pour être celui de la «grande bouffe». C'est à croire que durant le reste de l'année, on oublie de manger pour s'en rappeler au Ramadhan et passer à l'action qui se traduit par un changement de comportement gastronomique qu'on a du mal à expliquer.
Selon des études, les dépenses alimentaires augmentent de 50 à 100% dans les pays musulmans durant ce mois. La furie des dépenses touche même les plus pauvres qui vont jusqu'à s'endetter pour passer à l'aise un mois sacré. On dépense sans compter dans la bouffe qui finit souvent dans les poubelles.
Où sont les valeurs du Ramadhan d'antan' Où sont donc la piété, la générosité, l'adoration, et le sacrifice' Serait-ce ces dépenses ostentatoires et ces comportements que ni la logique ni le bon sens ne peuvent expliquer' Des questions qui se posent et qui se poseront encore des années durant. Le mois de jeûne n'est plus ce qu'il était. Le Ramadhan c'est aussi l'ambiance nocturne. Une ambiance qui fit que l'Algérien trouve goût à tout. Il trouve plaisir à faire la prière, à se rendre dans les galas artistiques, à flâner dans les rues etc... Alors que 11 mois durant, il s'enferme chez lui dès la nuit tombée. Durant le Ramadhan, c'est l'inverse.
Il dort le jour et sort la nuit. Chanteurs et autres groupes musicaux s'efforcent de faire sortir les gens de leur torpeur devenue presque chronique. D'autres retrouvent le goût de la prière. On se repenti avec l'idée même de voir effacer tous les pêchés commis durant toute l'année. Certains y croient dur comme fer.
C'est pourquoi, dès l'arrivée du mois sacré, on sort sa djellaba et son tapis, le temps d'un mois d'imploration et de pardon. Bref, les nuits ramadhanesques s'animent. Entre visites familiales, les tarawih à la mosquée, les galas artistiques et les flâneries, l'Algérien trouve le moyen de se distinguer le temps d'un mois avant de sombrer de nouveau dans un quotidien morose.
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