«Les prémices d’une autre explosion sont palpables»
Dans une déclaration clôturant le 37ème conclave de l’inter-wilaya tenu à Ath-Abdelmoumen, dans la commune de Tizi-N’Tleta (Ouadhia), jeudi et vendredi derniers, les Aârchs reviennent longuement sur leur dialogue avec le gouvernement.
Après avoir souligné que «plus d’une année après la signature du protocole d’accord sur la mise en œuvre de la plate-forme d’El Kseur, entre la délégation du mouvement et le représentant de l’Etat, il est aujourd’hui nécessaire de se pencher sur le bilan de ce processus», la déclaration attire l’attention sur le fait que «beaucoup reste (cependant) à faire pour la concrétisation des revendications acceptées et consignées dans le protocole d’accord du 15 janvier 2005". Les Aârchs affirment en outre que «les institutions de l’Etat auxquelles incombe la responsabilité de la mise en application des engagements pris par l’Etat semblent n’avoir pas encore été actionnées pour la réalisation des revendications solennellement admises et officiellement annoncées...» Pour les Aârchs, le pouvoir n’a tout simplement pas respecté ses engagements. Et la déclaration de rappeler nombre de leurs revendications contenues dans la plate-forme d’El Kseur, dont «le jugement des assassins des martyrs du printemps noir devant les juridictions civiles, le départ des brigades de gendarmerie, l’officialisation de tamazight, la lutte contre la clochardisation, la paupérisation, la corruption ainsi que la mise en place d’une large décentralisation et l’intégration sociale des victimes du printemps noir, l’allocation chômage... (qui) restent au stade de l’engagement sans prolongement pratique...» Pour les signataires de la déclaration, cette situation de blocage complique la relance de la politique de développement promise par l’Etat. Et de noter que «les causes à l’origine des douloureux événements du printemps noir demeurent en l’état et que les prémices d’une autre explosion sont palpables...» Face à cette situation, la déclaration des Aârchs interpelle le Président de la République quant «aux blocages manifestes relatifs à la mise en application des engagements pris au nom de l’Etat», avant de tirer la sonnette d’alarme et réclamer l’urgente intervention du chef de l’Etat. Et le mouvement des Aârchs, certes en déliquescence, de réitérer son attachement à la revendication du départ des brigades de gendarmerie, désignées comme étant «la source du mal» et d’avertir sur «les conséquences qui découleraient de ces manipulations et manœuvres diaboliques». A propos de la révision de la Constitution, il est affirmé que le sujet a été débattu lors de cette rencontre et que le volet perspectives sera tranché lors de la prochaine rencontre de l’inter-wilaya à Béjaïa. Signalons que, concernant ce volet, un mémorandum contenant les propositions des Aârchs a été adopté. Selon la déclaration, «la vision du mouvement sur la Constitution s’inspire de l’esprit de la plate-forme d’El Kseur qui vise l’instauration d’une République démocratique et sociale telle que projetée par le Congrès de la Soummam...» La situation est, aujourd’hui, peu favorable aux Aârchs, avec une population qui s’est complètement détournée du mouvement. Il semble, cependant, que par cette déclaration, le mouvement, réduit à sa plus simple expression, veut revenir sur le terrain. Peut-il y parvenir par la grâce d’une simple déclaration, quand bien même au vitriol?
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M. Chabane
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com