Bejaia - A la une

Le loto draine du monde à Béjaïa : le grand jeu de société Culture : les autres articles



Le loto draine du monde à Béjaïa : le grand jeu de société                                    Culture : les autres articles
Les salles où s'organisent les parties de loto sont archicombles, alors que les nombre de participants les premiers jours de Ramadhan était faible.
Le loto commence toujours timidement, le temps de connaître la réaction des autorités», tente d'expliquer un habitué. Les autorités semblent être tolérantes pour le moment. En tous les cas, en ce septième jour du mois de carême, les derniers arrivés n'ont pas pu avoir un carton à jouer, même plus la peine de chercher son carton fétiche. Le sous-sol, semi-achevé, n'a pu contenir toute la foule. Des participants se sont installés alors sur les trottoirs et couvrent les chiffres de leurs cartons sous la lumière des lampadaires. Le propriétaire des lieux s'est débrouillé pour rajouter une grande table dehors et des chaises de fortune pour accueillir à la belle étoile les retardataires. «Nous sommes d'abord allés à Tibane, mais on nous a annoncé qu'un riverain avait empêché l'organisation du loto dans le quartier, alors, nous sommes donc venus ici», raconte un des retardataires.
De l'enceinte acoustique, l'on entend : «Yiwen !» ça veut dire que l'on commence bientôt. Le silence tombe dans la salle et sur les deux côtés de la chaussée. Les numéros sont annoncés avec une fréquence d'un numéro par seconde. Quelques-uns ont eu du mal à suivre. «Répète !», a réclamé l'un d'eux, après cinq secondes. «D'accord, d'accord», dit la voix aux baffles. «Alalala !», ont crié en ch'ur un groupe de participants pour exprimer leur mécontentement. Le jeu reprend. Des plaisantins commentent les numéros tirés au hasard : «El âassima (la capitale)», lancent-ils, pour le 16, «L'indépendance», pour le 62, «Marseille», pour le 13 et bien d'autres encore. «Arwi-tt !» (mélange les jetons), a crié un joueur qui n'a vraisemblablement pas de chance.Et un autre d'hurler : «Au pion !» Il ne lui restait plus que trois numéros pour avoir la cagnotte.
A partir de ce moment, les numéros sont annoncés au ralenti. La fin de la partie approche. «Awitti-d !» (donne-le !) demandent à voix haute certains joueurs pour faire savoir aux autres qu'ils ne leur reste qu'un seul numéro et leur mettre ainsi davantage la pression.
«Hebsitt !» (stop), ont hurlé quatre joueurs en même temps pour arrêter le jeu. Une fois les cartons vérifiés, il s'est avéré que trois seulement ont réellement gagné. Le quatrième, qui s'est apparemment trompé, devait être mis à l'amende, selon les règles du jeu, mais on lui pardonne.
Dehors, un gargotier de circonstance met un morceau de gras sur la plaque chauffante. L'odeur dégagée semble attirer des clients. Au même moment, les parties de loto se suivent. Ici, le temps passe très vite. «Avant, on pouvait jouer jusqu'à cinq parties avec un carton payé, mais aujourd'hui, on n'a droit qu'à trois parties», fait remarquer un joueur d'un certain âge. «Je viens de perdre ce que j'ai gagné aujourd'hui en travaillant comme aide-maçon», s'adresse un jeune homme à qui veut l'entendre, arrachant des rires à la foule. Au fil des parties, la tension monte, notamment chez les mauvais perdants.
D'ailleurs, lorsqu'un joueur a demandé qu'on lui répète un numéro, on lui suggéra «de rentrer chez lui s'il n'arrivait pas à suivre». Les jeux se sont terminés, comme de coutume, tard dans la nuit dans un brouhaha général. En quittant les lieux, les participants ont tous la même conviction : «Demain, c'est moi qui aurai la cagnotte.»
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)