
Le wali de Béjaïa a été reçu mercredi dernier par les cadres centraux du ministère de l'Intérieur. Cette réunion, qui s'inscrit dans une série de rencontres programmées avec les walis par le ministère de tutelle, a été marquée par le voeu du wali quant à la «conjugaison des efforts pur accélérer le développement de la wilaya». Tel que souhaité à sa sortie de la réunion, le voeu du wali de Béjaïa ne sera pas de tout repos si on considère le climat délétère qui règne en maître depuis quelques mois aussi bien entre le wali et une partie de la classe politique, qu'avec la société civile qui ne cesse de monter au créneau.Reçu mercredi dernier au ministère de l'Intérieur, le wali a estimé que «la wilaya de Béjaïa a, certes, bénéficié de grands projets mais souffre quand même de marginalisation». Cette réunion, qualifiée de «constructive», a permis de passer en revue le processus de développement dans la wilaya de Béjaïa avec les cadres centraux du ministère. Il a été bien question de l'état d'avancement des projets structurants mais également de l'agitation politique et sociale qui singularise cette région depuis plusieurs mois. Reconnaissant implicitement le retard en la matière, le chef de l'exécutif de la wilaya de Béjaïa a appelé à «la conjugaison des efforts pour y remédier avec en sus, l'octroi de davantage de crédits à la wilaya». Si les crédits demandés relèvent du gouvernement, il reste que la conjugaison des efforts avec les élus locaux et nationaux et la société civile reste étroitement du ressort de sa politique. Et lorsqu'on fait le constat de la situation en vigueur, il ne lui sera pas de tout repos. Que l'on en juge! Une Assemblée populaire de wilaya à l'arrêt. Des maires qui crient de partout. Une société civile qui grogne sans cesse.Depuis quelques années, la région de Béjaïa s'est singularisée par une tension sociale quasi quotidienne qui s'exprime dans la rue. Presque chaque semaine, une action de rue se fait au goût du jour. Des populations crient leurs insuffisances et s'impatientent. Les réponses souhaitées ne sont pas apportées dans l'immédiat. Le plus grave est que certaines situations pourtant prévisibles, ne sont prises en charge qu'une fois soulevées dans la rue.Dans le sillage de cette tension sociale s'est griffée une crise politique, première du genre au niveau local. Le parti aux commandes de l'APW perd sa majorité au profit d'une opposition forte et soudée. De session en session, la situation s'enlise davantage. Les élus en arrivent même à manifester dans la rue avec cette revendication du départ du wali. Les élus du FFS ne seront pas les seuls à la faire. Le maire de Tinebdar s'est associé à cette revendication dans une conférence de presse ponctuée par deux manifestations de rue. La société civile a dénoncé, elle aussi «la gestion et les pratiques du wali». Un constat qui ne prête pas à l'espoir. L'on se demande alors d'où le wali puisera ses capacités pour réunir tout un monde politique totalement divisé dont une partie se dresse contre lui. Pas facile de conjuguer les efforts, encore moins de faire avancer les projets de la wilaya à la cadence souhaitée.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Arezki SLIMANI
Source : www.lexpressiondz.com