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La Hongrie s'invite à Béjaïa



La Hongrie s'invite à Béjaïa
Les comédiens du théâtre national hongrois qui participent pour la première fois au festival international du théâtre de Béjaïa (FITB) ont ravi le public de la grande salle Malek-Bouguermouh du théâtre régional de Béjaïa (TRB) mardi soir lors de la représentation de la pièce Fodraszno (La Coiffeuse).Mise en scène par Victor Ryzhakov de Russie sur un texte de Kozma Andras, journaliste hongrois vivant au Liban, la pièce a reçu les acclamations du public. C'est à partir de quelques faits divers ayant défrayé la chronique dans la nation de Gibran Khalil Gibran que l'auteur s'est inspiré pour écrire le texte. Fodraszno (La Coiffeuse) parle de la recherche du bonheur dans la vie. Un bonheur incertain puisque le chemin qu'emprunte Irina, protagoniste de la pièce, campée par l'excellente Szucs Nelli est périlleux. Dans son salon de coiffure situé au milieu de son quartier, elle reçoit régulièrement des clients. Des hommes qui viennent se coiffer chez elle. Tóth László, Kristán Attila et Trill Zsolt sont des clientes presque permanents. Trill Zsolt, dans le rôle de Victor est vite épris de la pétillante Irina. Cependant, cette dernière attend la sortie de prison de Zienia, rôle joué par Kristán Attila.Elle fait sa connaissance à travers une petite annonce qu'elle trouve dans un journal. Elle lui écrit et lui déclare qu'elle veut avoir un homme dans sa vie. Lui, il répond qu'il veut seulement une progéniture. Irina se construit un univers incertain, imparfait. Elle n'attend pas le grand amour ni le prince charmant débarquant sur un cheval blanc. Elle cherche seulement le bonheur et à reconstruire sa vie. Dans son monde complètement délirant, les illusions sont vite éclipsées. Elle ne permet à personne d'intervenir dans sa bulle.L'espoir fait vivre et Irina a de l'espoir. La force de La coiffeuse réside dans sa forte scénographie, l'une des meilleures parmi les pièces présentées lors de ce 7e FITB.En toile de fond, un grand mur solide, tapissé de journaux en clin d'?il à la rencontre d'Irina et de Zienia. Trois pères de bottes noires étaient posées au-devant de la scène, dans l'un deux un bouquet de fleurs blanches était planté. Un assemblage fou mais plein de sens relevé par les tubes musicaux des années 1980 et par la projection de films d'amour en toile de fond tels que Pretty Woman, Titanic, Bodyguard? pour dire que chaque être humain, malgré le degré de sa folie, a besoin d'amour.Au rythme de Victor RyzhakovPendant plus d'une heure, les comédiens se sont déchaînés sur scène. Animés d'une énergie enfantine, ils jouaient, se déguisaient, se chamaillaient avec un professionnalisme éloquent. Des ballons bleus étaient lâchés, une échelle utilisée pour grimper en haut de la fenêtre d'Irina, une bicyclette tournée de temps en temps sur scène pour faire la cour à la belle reine des ciseaux. Il est à souligner que la traduction en français de la pièce a été projetée sur un écran en marge de la scène, car la pièce a été présentée en hongrois. Il est dommage que certains spectateurs du balcon du TRB sifflaient et ricanaient pendant la pièce. La coiffeuse est une pièce riche de symboles. Ce drame absurde souligne le regard que l'être humain a sur lui-même. Il vit dans un monde truffé de guerres. Il accepte son sort et porte son propre jugement sur lui-même en refusant d'accepter un regard extérieur. C'est le cas d'Irina qui, après avoir vu débarquer Zienia vêtu de cuire sur sa moto, ensuite après un mois de concubinage, se retrouve enceinte, et est assassinée par ce repris de justice. Le sang est représenté par le rouge d'une demi-pastèque dévorée à la fin par ses courtisans. Elle a refusé Victor, son client fidèle qui n'a pas cessé de la courtiser et a choisi à la place un bandit. Inspirée du théâtre de Bertoldt Brecht et d'Anton Tchechov, la pièce interroge les m?urs sur la sérénité enveloppée d'amour qu'Irina espérait au fond d'elle-même. Elle éclipse la douleur entre les désirs humains et la réalité contradictoire flagrante. La performance est dirigée par l'une des figures emblématiques de la vie contemporaine du théâtre russe, le mouvement théâtral «Kiszlorod» (Oxygène) de Victor Ryzhakov. La Coiffeuse a remporté le prix 2010 de la meilleure performance POST-X. Szucs Nelli a reçu le prix de la meilleure comédienne de l'année. Une tournée en Russie et e Biélorussie a été effectuée. Les comédiens ont même joué la pièce dans des campagnes reculées de Russie, d'un village à un autre, devant des églises? De notre envoyée spéciale


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