Kamel Amghar
Pique-niquer en forêt : voilà une suggestion fort intéressante pour passer un agréable week-end en famille ou entre amis. En saison, on peut même penser à une partie de chasse ou de pêche au bord de l'oued. Faute de parcs et d'espaces boisés en ville, les citadins étouffent. Par les temps qui courent, une virée dans la nature sauvage est vraiment indiquée pour se décompresser et se refaire une santé. Sur ce plan, Béjaïa dispose d'un patrimoine appréciable qui reste, cependant, très peu valorisé. Avec une pluviométrie annuelle qui varie de 670 à 1 000 millimètres, la région est réputée pour ses richesses hydriques et sa diversité florale et faunistique. Le domaine forestier s'étend sur au moins 122 500 hectares, soit plus de 37% de la superficie totale de la wilaya. Le chêne-liège, le chêne-zen, le chêne-afarès, le chêne vert, le pin d'Alep et le cèdre constituent les principales essences. Les massifs de Bouhathem (6 900 ha), Taourirth Ighil (6 600 ha), Akfadou (5 400 ha), Ath Abbas (5 100 ha), Ath Mimoune (3 800 ha), Oued Agrioun (3 600 ha), Oued Djemaâ (2 600 ha) et Ath Melloul (2 100 ha) constituent autant de réserves naturelles qu'il va falloir promouvoir et, surtout, préserver des nombreux dangers qui les guettent en ce moment. Les feux, les parasites, les maladies et l'action négative de l'homme menacent plus que ce jamais ce patrimoine dans son existence même. Incendies répétitifs, défrichages clandestins de pans entiers par des particuliers, décharges sauvages, ouvertures illégales de pistes, coupes irrégulières de bois de chauffage ou de pieds droits utilisés dans le bâtiment, peuplement illicite, les infractions sont diverses, mais leur impact environnemental et économique est identiquement désastreux un peu partout. Que cela soit dans l'Akfadou et les massifs d'Adekar ou dans la région maritime du Sahel, le couvert végétal est mis à rude épreuve par l'action destructrice de l'homme, le vieillissement et le manque d'entretien. Pour toutes ces raisons, les gens évitent aujourd'hui de s'y rendre. Hormis le cercle restreint des connaisseurs et des passionnés, très peu de gens osent l'aventure. En plus des considérations sécuritaires, la multiplication de la faune sauvage constitue, paradoxalement, une autre source d'appréhension. Sangliers, chacals, singes, hyènes, serpents et autres scorpions qui, en principe, constituent une curiosité supplémentaire, inquiètent bon nombre de nos concitoyens. Afin d'en rendre l'accès un peu moins contraignant, l'administration des forêts devrait penser à créer des espaces à cet effet. Pas grand-chose ; des bancs, des tables, des pistes cyclables, quelques jeux, et le tour est joué. Il doit y avoir des adjudicataires pour cela. Ça peut, en effet, rapporter gros pour un service qui se plaint souvent de la restriction de ses ressources budgétaires. En sus, la présence des pique-niqueurs éloignera certainement les pyromanes.
A bon entendeur.
K. A.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : La Tribune
Source : www.latribune-online.com