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L'activité sismique affecte sérieusement le vieux bâti Béjaïa



L'activité sismique affecte sérieusement le vieux bâti Béjaïa
Kamel Amghar

Les récurrentes secousses telluriques, enregistrées ces dernières années à Béjaïa et sa région, affectent sérieusement le vieux bâti, déjà vétuste faute d'entretien régulier. Les villes coloniales de Béjaïa, Akbou, Kherrata ou Aokas se sont lézardées et les occupants des bâtiments fissurés craignent vraiment pour leur vie. Les récents séismes, de magnitude 5,5 et 5 respectivement, ont violemment ébranlé les vieilles bâtisses au point de nuire à leur stabilité. La région maritime, épicentre des tremblements de ces derniers jours, vit avec la peur au ventre. Les populations de Darguina, Aït Smaïl, Souk El Thenine, Tamridjt, Lota, Aokas, Tichy et Béjaïa-ville, fortement apeurées, sursautent au moindre coup de vent. Les bons réflexes à adopter en pareille situation sont peu connus. La panique générale accompagne le moindre mouvement de l'écorce terrestre.
A chaque fois, les citoyens sollicitent les autorités sur cet épineux problème de l'ancien bâti. Fin 2012, une première enveloppe de 40 milliards de centimes avait été mobilisée dans le cadre de la taxe d'habitation pour la réparation de vieilles cités de Béjaïa et d'Akbou. L'opération de rénovation, prise en charge par l'Opgi, comprend l'entretien des caves, le renouvellement de l'étanchéité des toitures et le ravalement des façades. Cependant, aucun bilan n'est disponible sur l'avancement de cette action et de ses prolongements éventuels. A ce problème de réparation de l'ancien bâti, la wilaya compte également 3 000 constructions précaires et souvent illicites. Une véritable bombe à retardement. La «pénurie du foncier urbain» retarde terriblement les programmes publics de logement.
Les promoteurs privés se plaignent aussi constamment de la rareté des terrains d'assiettes et dénoncent la forte spéculation foncière. Cette crise pousse des demandeurs de logement au squat des terres domaniales, agricoles ou forestières. Une opportunité également exploitée par la mafia de l'immobilier pour s'approprier des biens publics et réaliser des superprofits dans le marché locatif, avec la certitude d'une régularisation au bout du compte. En effet, l'administration 'uvre aujourd'hui à la normalisation de milliers de constructions anarchiques.
En somme, ce dossier est d'une extrême complexité. Sa résolution nécessite, à long terme, un canevas de mesures strictes dans le cadre d'une réelle politique urbaine, et non pas des actions sporadiques et conjoncturelles comme on en a l'habitude de faire.
K. A.
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