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Journée écologique sur le « lac » Tamelah



Journée écologique sur le « lac » Tamelah
C'est à une journée écologique qu'a été invitée, samedi dernier, une bonne centaine d'enfants et adolescents, venus de différents horizons, par l'association Assirem Gouraya qui a organisé cet évènement en collaboration avec plusieurs autres associations et institutions étatiques, à l'instar de la Conservation des forêts, l'Unité de conservation et de développement de la faune et de la flore, un démembrement de l'Agence nationale pour la conservation de la nature (ANN), ou la Direction de l'environnement, à l'occasion de la célébration de la première journée du printemps amazigh. L'endroit choisi pour faire apprécier la nature à ces jeunes esprits, mais aussi de les imprégner de la nécessité de la protéger des dégradations, est le « lac » Tamelaht, situé à un jet de pierre du quartier Sid-Ali-Lebhar, à poximité de l'aéroport. Ce que les Bejaouis désignent par « lac », par excès de langage, est en fait une lagune. C'est un écosystème particulier, une sorte de jonction entre les eaux salées de la mer et l'eau douce de la rivière. Comme devait l'expliquer le responsable de l'UCD de Bejaia, Sadek Amara, cette zone humide, l'une des rares que compte Bejaia, d'une remarquable richesse sur les plans faunistique et floristique, accomplit plusieurs fonctions écologiques. Elle accueille une variété d'oiseaux migrateurs qui viennent se nourrir et se reposer, que ces jeunes Verts ont pu observer grâce à une lunette mise à leur disposition. Les eaux saumâtres de la lagune permettent par exemple aux anguilles de migrer de la mer vers les rivières et offre un lieu idéal à la loutre, tandis que la végétation qui y pousse alentour est connue pour réduire la salinité ou purifier l'eau des polluants. Son importance, explique-t-il, est aussi culturelle, car les populations locales développent un savoir et un vocabulaire liés à ce biotope. Sa disparition a inévitablement comme conséquence un appauvrissement culturel. Amara souligne, d'autre part, que ce site fait l'objet de beaucoup de travaux de recherche et nombreux sont les scientifiques à lui devoir leurs diplômes de master ou de doctorat. Tous ces aspects se conjuguent pour souligner la nécessité de préserver ce lieu. Les participants à cette journée, alliant le geste à la parole, ont donc enfilé leurs gants, se sont munis de grands sacs en plastique et, avec beaucoup d'entrain, se sont lancés dans l'ingrate mais combien précieuse tâche de débarrasser les environs de tous les déchets, surtout du plastique, qui jonchaient alentour, donnant un aspect hideux à l'endroit qui aurait pu constituer pourtant un lieu de tourisme et de villégiature pour les Bejaouis dont beaucoup, selon le président d'Assirem Gouraya, Amar Rabhi, ignorent jusqu'à l'existence. En tout cas, l'apparence repoussante des alentours interroge profondément les autorités locales qui ont pourtant tout intérêt à le valoriser. En observant ces jeunes mettre autant de c?ur à l'ouvrage met... du baume au c?ur. Au bout d'une petite heure, ils ont réussi à rendre le site un peu plus présentable. Les sacs-poubelle sont évacués, et Amar Rabhi promet de revenir en force à une autre occasion pour achever ce travail d'assainissement. Retour au siège de l'UCD qui accueille une exposition qui permet aux jeunes d'enrichir leur culture écologique, tandis que les fans de dessins se mesuraient dans un concours qui avait pour thème la lagune de Tamelaht. Le clou de la journée fut toutefois la dégustation de seksou adhryes, le premier jour du printemps étant, en effet, accueilli traditionnellement avec la préparation de ce plat dont la recette est quelque peu délicate en raison de l'utilisation comme ingrédient des racines d'une plante toxique, le Thapsia garganica ou adhryes.


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